Docteur YAKOUBI Mohand
Que dois-je savoir sur les oreillons ? - Docteur YAKOUBI Mohand - Docvadis

Que dois-je savoir sur les oreillons ?

Les oreillons sont devenus une infection rare, mais, si la maladie est le plus souvent bénigne, elle peut parfois être à l’origine de complications. Il existe un moyen efficace de prévention : la vaccination.

Comment se transmet et agit le virus des oreillons ?

Les « oreillons » sont une maladie virale très contagieuse due au virus dit ourlien. La transmission du virus se fait par l’air, par les minuscules gouttelettes que nous émettons en parlant, riant ou toussant. Chez une personne malade, ces gouttelettes peuvent être chargées de virus et contaminer l’entourage. Le virus peut aussi être présent sur des surfaces souillées par les sécrétions nasales d’une personne malade. Le virus des oreillons pénètre par les voies respiratoires, puis se répand par la circulation sanguine. Il gagne en particulier les parotides qui sont des glandes salivaires situées derrière la mâchoire, sous les oreilles. Des glandes extra-salivaires peuvent aussi être concernées : comme les testicules et le pancréas. Le virus peut aussi se localiser dans le système nerveux. L’infection par le virus ourlien confère une immunité à vie.

La maladie est-elle fréquente ?

Les oreillons étaient une maladie très fréquente jusqu’à ce que l’extension de la vaccination fasse baisser considérablement le nombre de cas en France : de près de 500 000 cas par an en 1986, nous sommes passés à moins de 6 000 cas actuellement, le plus souvent chez des personnes non ou incorrectement vaccinées.

Comment se manifeste la maladie ?

L’incubation est d’environ 3 semaines entre le contact avec le virus et les premiers signes de la maladie. Apparaissent d’abord de la fièvre, des maux de tête, des courbatures et une douleur à l’oreille. Puis, en quelques heures survient un gonflement douloureux sous une oreille à l’angle de la mâchoire inférieure. L’autre côté est aussi rapidement atteint. L’alimentation est difficile car la mastication et la déglutition sont douloureuses. Dans 20 à 30 % des cas, la maladie passe inaperçue.

Comment se soigne-t-on ?

Il n’existe pas de traitement à proprement parler des oreillons. Quelques mesures simples permettent toutefois de soulager les douleurs : mixer les aliments, donner à boire en éviter les jus de fruits acides, calmer la fièvre et les douleurs par des antalgiques. La maladie guérit spontanément.

Que faire si quelqu’un de mon entourage est atteint ?

Le maladeest contagieux 7 jours avant l’apparition des premiers signes et le reste 9 jours après. Si vous êtes bien vacciné ou si vous avez déjà eu les oreillons, vous n’avez pas de précaution particulière à prendre, vous êtes protégé. Dans le cas contraire, il est nécessaire de respecter les mesures d’hygiène pour limiter la propagation du virus (lavage des mains, mouchoirs à usage unique, lavage des surfaces contaminées). Si votre enfant est atteint, il doit être maintenu éloigné de l ‘école pendant 9 jours après l’apparition de la parotidite.

Les oreillons peuvent-ils donner lieu à des complications ?

La maladie est le plus souvent bénigne.

L’atteinte de certaines glandes extra-salivaires peut cependant donner lieu à des complications. En particulier, après la puberté, chez les adolescents et les jeunes adultes, une orchite (inflammation du testicule) peut survenir : le testicule grossit et devient douloureux. Les deux testicules peuvent être touchés. La guérison est obtenue généralement en 8 à 10 jours.

L’atrophie testiculaire dans les 2 à 6 mois suivants est très rare et pour qu’il y ait un impact sur la fertilité (hypofertilité ou stérilité), il faudrait une atrophie testiculaire bilatérale, ce qui est exceptionnel.

Moins souvent que le testicule, le pancréas peut aussi être touché (pancréatite pour inflammation du pancréas), atteinte qui se traduit par des douleurs abdominales. L'évolution est le plus souvent favorable.

Le système nerveux peut aussi être touché avec survenue d’une méningite (sans symptômes le plus souvent) ou d’une encéphalite (exceptionnelle).

Il est ainsi nécessaire de surveiller l’apparition éventuelle de signes de complications : fièvre supérieure à 40°, raideurs dans le cou, maux de tête, douleurs abdominales, douleurs des testicules. Ces signes doivent vous amener à reconsulter le médecin.

Lorsque les oreillons surviennent pendant le premier trimestre de la grossesse,ils peuvent provoquer un avortement spontané.

Comment se protéger de la maladie ?

La meilleure prévention reste la vaccination. Elle est pratiquée avec le vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole), obligatoire pour tous les enfants à partir de 12 mois avec un rappel entre 16 et 18 mois.

Les personnes nées après 1980 devraient toutes avoir reçu 2 doses de vaccins.

Si ce n’est pas votre cas ou celui de vos enfants, un « rattrapage » est possible.

Quant à ceux qui sont nés avant 1980, ils peuvent aussi se faire vacciner s’ils ne l’ont pas été, s’ils n’ont pas eu les oreillons et s’ils vivent dans un milieu « à risque », par exemple au contact d’enfants. En revanche, la vaccination « post-exposition », réalisée après un contact avec une personne atteinte, n’est pas efficace pour empêcher l’apparition de la maladie (la réponse immunologique de l’organisme est trop lente).

Le vaccin est-il sans risque ?

Les complications graves sont extrêmement rares. Comme pour tous les vaccins, il est possible de voir apparaître une réaction locale au point d’injection, ou de la fièvre ou une éruption 7 à 12 jours après l’injection. Le vaccin ne contient pas d’aluminium ni de mercure et peut être reçu par les personnes allergiques à l’œuf.

Un article paru en 1998 faisait état d’un possible lien entre l’autisme et le vaccin ROR. De nombreuses autres études menées depuis ont fermement contredit cette association. Plusieurs des auteurs de l’étude de 1998 sont eux-mêmes revenus sur leurs conclusions.

La vaccination contre les oreillons a permis une diminution considérable du nombre de cas en France. La majorité des cas diagnostiqués surviennent chez des personnes non ou incorrectement vaccinés, démontrant que le respect des recommandations vaccinales avec le schéma à 2 doses est indispensable pour assurer une protection efficace.

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