Dr Andrei BOTNARU, Urologue, Clinique de Montbeliard

Urologie
Conventionnement : Secteur 1
Carte Vitale Acceptée

Prostatite aiguë

Mots clés : Prostatite aiguë prostatite bactérienne, infection, Escherichia Coli, urothélium  

Prostatite aiguë

Cette infection aiguë, d’origine bactérienne le plus souvent, causée par des bactéries d’origine intestinale qui peuvent coloniser la prostate , a tendance à pouvoir devenir chronique et à rejoindre en cela le risque de récidive que pose la cystite aiguë de la jeune femme en cas de diagnostic méconnu ou de traitement insuffisant.

 

On estime que la prostatite aiguë motive environ chaque année 2 millions de consultations en France et représente 9 % des consultations en urologie (infections et douleurs prostatiques). Elle est moins fréquente que la cystite, son équivalent féminin, du fait de l’anatomie masculine et de la longueur supérieure de l’urèthre chez l’homme comparativement à la femme Elle survient surtout ches les hommes jeunes. La prostatite aiguë peut être favorisée par les rapports sexuels (bactéries dites sexuellement transmissibles) avec de multiples partenaires sans qu’on puisse affirmer avec certitude le mécanisme de transmission, probablement uréthral.

Elle a certains points communs avec la cystite. En effet, certains hommes feront une prostatite aiguë et pas de prostatite chronique D’autres, auront tendance à récidiver. Il faut donc s’assurer que le patient ne garde pas de germes quiescents au sein des glandes prostatiques qui pourraient favo riser de nouveaux épisodes d’infection urinaire récidivante avec des signes d’infection persistante en dehors des poussées aiguës d’infection. L’impact de la diurèse insuffisante, des mauvaises habitudes mictionnelles, d’une dysurie par obstacle prostatique ou de l’existence d’une dyssynergie vésico sphinctérienne (vessie neurologique) à l’origine d’une hyperpression vésicale, est souvent retrouvé.

On ne connaît pas le mécanisme exact, mais on a tendance à incriminer :

  • certaines pratiques sexuelles telles que la sodomie. 

  • certaines anomalies : rétrécissement uréthral ou vésical.

  • ou encore les manœuvres instrumentales lors d’examens (biopsie prostatique, fibroscopie ou pose de sonde uréthrale, post chirurgie urologique).

Elle conjugue l’alternance de frissons et de fièvre, de douleurs importantes en urinant, qui irradient jusqu’au périnée et aux reins et peuvent s’accompagner de douleurs articulaires et musculaires. La prostate est souvent volumineuse et douloureuse au toucher, mais ce signe n’est pas systématiquement retrouvé. Ce cortège de manifestations assez identifiables, qui associe symptômes d’allure grippale et douleurs urinaires, constitue une urgence dans le but d’évite r la survenue d’un abcès ou d’une septicémie. Le diagnostic et le traitement sont des urgences médicales.

À la palpation, la prostate est chaude et douloureuse. Elle a augmenté de volume. D’autres indicateurs plus fiables tels des urines troubles et le résultat positif du test urinaire pratiqué sur bandelettes, laissent suspecter la probabilité d’une prostatite. L’uroculture indispensable permet de connaître la nature des germes habituellement gram négatif (Escherichia Coli) que l’on retrouve presque systématiquement dans les urines. Dès le diagnostic posé, on vous demandera de commencer votre traitement antibiotique, qualifié d’empirique, quitte à le modifier par la suite, à la lumière des résultats de l’antibiogramme. À titre complémentaire, on peut être amené à effectuer une échographie vésico prostatique à la recherche d’un résidu post mictionnel évoquant une rétention vésicale, cause ou conséquence de la prostatite aiguë.

Il faut commencer le traitement le plus tôt possible pour éradiquer le germe responsable de cette infection. Il repose sur l’administration d’un antibiotique de la classe des fluoroquinolones pendant 3 semaines au minimum, parfois 4 à 6 semaines, associé à un antalgique pour calmer la douleur.  Le repos est conseillé de même que la prescription d’émollients qui facilitent l’évacuation des selles et évitent les poussées. Si vous répondez d’emblée favorablement à ce traitement, votre médecin le poursuivra pendant 30 jours sinon il réévaluera le choix de la molécule au 3e j our de traitement. Le respect de la durée du traitement et l’observance de la posologie sont primordiaux pour éviter les récidives infectieuses et le passage à la chronicisation. Dès les premiers jours, la fièvre disparaît ainsi que les troubles mictionnels, ce qui ne justifie en aucun cas l’arrêt du traitement.

Elles sont rares si le traitement est mené jusqu’à son terme. Cette pathologie est la seule avec la pyélonéphrite aiguë à nécessiter une antibiothérapie aussi longue. Il faut néanmoins signaler quelques abcès, des risques d’inflammation des testicules et de l’épididyme (orchiépididymite), et parfois une rétention urinaire. La principale complication, la plus fréquemment observée est la chronicisation d’une prostatite aiguë, qui traduit le plus souvent une interruption ou une insuffisance de traitement, la prostatique chronique devenant la conséquence d’une prostatite aiguë avec son cortège de douleurs périnéales et mictionnelles, d’écoulement uréthral, de brûlures, de difficultés sexuelles qui justifient des prélèvements de sperme et d’urine. Les récidives pourraient, comme dans la cystite récidivante par la capacité de certaines bactéries à se fixer sur l’urothélium (paroi urinaire), provoquer une inflammation chez certains individus alors que, chez d’autres, elles sont immédiatement chassées lors des mictions. Les douleurs séquellaires d’une prostatite aiguë peuvent durer 3 à 6 mois.

En cas de douleur pelvienne prédominante, votre médecin vous conseillera de réduire votre consommation de boissons alcoolisées, de thé et de café et de plats épicés, réputés irritants sur l’urothélium qui tapisse l’urèthre et la vessie.

Classification du NIH (National Institute of Health) aux USA détaillant les 4 stades de prostatite; Groupe 1 : prostatite aiguë bactérienne - Groupe 2 prostatite chronique bactérienne Groupe 3 Syndrome neuropelvien chronique - Groupe 4 Découverte de lésions inflammatoires lors d’un prélèvement histologique de prostate

Mots clés : Prostatite aiguë prostatite bactérienne, infection, Escherichia Coli, urothélium

1275332360578.jpg

Clinique de Montbéliard


UROLOGIE, 11 Avenue Léon Blum ,
25205 Montbéliard, France

Plus d'informations (Accès, Horaire...)

Documents similaires

Ce site n'a pas pour vocation de remplacer une consultation médicale