Dr Andrei BOTNARU, Urologue, Clinique de Montbeliard

Urologie
Conventionnement : Secteur 1
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Cancer du rein

 Mots clés : cancer du rein, néphrectomie élargie, néphrectomie partielle créatininémie

Cancer du rein

Épidémiologie

Par ordre de fréquence, le cancer du rein arrive en 3ème place, parmi les tumeurs urologiques, après le cancer de la prostate et celui de la vessie et au 8ème rang des cancers en général. Il touche deux fois plus d’hommes que de femmes avec un âge moyen de survenue estimé à 62 ans. Son incidence, en hausse constante depuis 1975 a été évaluée à 11,9 /100 000 chez l’homme et à 5,5/100 000 chez la femme. Sa recrudescence, de l’ordre de 20 % en l’espace de 30 ans s’explique en partie par le vieillissement de la population et par une exposition prolongée à des facteurs toxiques comme le tabac, les métaux lourds et l’impact grandissant de l’obésité et de l’hypertension, considérées comme facteurs de risque. On enregistre 7300 nouveaux cas par an Les formes familiales ne concernent qu’un individu sur 36 000 naissances, qui sera victime d’une apparition précoce d’un cancer siégeant sur les deux reins. Dans leur grande majorité, les tumeurs du rein sont de petite taille et de deux nature, les plus répandues étant les carcinomes à cellules claires (73 % des cas) comparativement aux tumeurs tubulo-papillaires (10 % des cas).

Notions anatomiques

Les deux reins en forme de haricots, longs de 12 cm chacun, sont situés dans les fosses lombaires à la hauteur des premières vertèbres et des deux dernières côtes. Le rein droit se niche sous le foie, le rein gauche contre la rate. En élaborant l’urine à partir du sang, ils assurent une fonction détoxicante qui permet d’éliminer les déch ets et de maintenir constants l’équilibre hydroélectrique et acido basique du sang. Ce filtrage est élaboré par les néphrons pourvus d’un glomérule et d’un tube permettant l’écoulement de l’urine. Les reins peuvent être endommagés par différentes pathologies dont le cancer responsable d’une tumeur se formant dans le tissu rénal.(parenchyme) L’existence d’un seul rein ne nuit pas à la qualité de la fonction rénale.

Symptomatologie et signes

La présence de sang dans les urines ou la survenue d’une douleur rénale, une fièvre ont pu vous alerter. Dans d’autres circonstances la fatigue, la perte de poids ou l’élévation des globules rouges, lors d’un examen, sont considérées comme des signaux d’alarme La découverte d’une tumeur solide du rein même de moins de 2 cm peut évoquer un cancer. Les symptômes cliniques d’un cancer du rein sont aujourd’hui exceptionnels

Diagnostic

Deux cancers sur trois sont de découverte fortuite, à l’occasion d’une échographie voire d’un bilan sanguin, la palpation ne permettant pas de détecter une masse rénale au stade initial. La confirmation radiologique de la présence d’une tumeur repose sur l’échographie rénale qui met en évidence une déformation des contours du rein. Au moment du diagnostic, 60 % des tumeurs sont localisées, mais déjà 25 % présentent des signes d’extension veineuse, 10 % sont déjà métastatiques. Le scanner est indispensable pour apprécier le degré d’extension de la tumeur.

Le traitement

Avant toute chirurgie, on s’assure du bon fonctionnement de l’autre rein et on vérifie l’extension veineuse en pratiquant un doppler ou une IRM.Cette extension peut modifier la tac tique chirurgicale et exiger l’intervention d’un chirurgien vasculaire. L’intervention traditionnelle reste la néphrectomie élargie à ciel ouvert pour les tumeurs de plus de 4 cm et repose sur l’ablation du rein de l’ensemble de sa loge et des ganglions lymphatiques du hile rénal. Elle peut se compléter d’une surrénalectomie selon la localisation de la tumeur rénale On réserve la néphrectomie partielle aux indications de nécessité (rein unique ou cancers bilatéraux) ou aux petites tumeurs de moins de 4cm quand l’anatomie de la tumeur par rapport au rein permet de faire l’exérèse en toute sécurité technique et cancérologique. Le tiers d’un rein suffit à assurer l’autonomie sur le plan de la fonction rénale. L’extension métastatique impose en complément le recours à l’immunothérapie (interféron) ou à l’association interféron-interleukine.

Suivi

Le suivi s’étale sur au moins 15 ans en raison du taux de récidives à distance. Il comporte une créatininémie et une tomodensitométrie thoraco abdominale répétées chaque année sur les formes de bon pronostic, deux fois par an sur les formes de pronostic intermédiaire et tous les 4 mois sur les formes de mauvais pronostic et ce, après néphrectomie élargie. Dans le cadre d’une néphrectomie partielle, la tomodensitométrie est exigée 6 mois après l’opération et suivie d’une TDM thoraco abdominale tous les ans.

Pronostic et surveillance

Il dépend du stade tumoral. Le cancer du rein bénéficie d’un bon pronostic à condition d’être traité avant l’apparition des métastases car, en l’occurrence, les traitements sont d’une efficacité limitée et des récidives tardives sont toujours possibles, même à distance. Le suivi du patient s’étale donc sur au moins 15 ans. Pour les cancers localisés, la survie à 5 ans est de 85 % pour les tumeurs de faible grade et seulement de 25 à 30 % s’il est métastatique.

Spécificité: La collaboration urologue chirurgien cardio- vasculaire est requise en cas de tumeur avec extension dans la veine cave jusqu’à l’oreillette cardiaque droite.   Recommandations . Le Comité de Cancérologie de l’AFU reconnaît 5 stades tumoraux T1a, T1b-T2, T3a, T3b, T4

Mots clés : cancer du rein, néphrectomie élargie, néphrectomie partielle créatininémie

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