Dr Andrei BOTNARU, Urologue, Clinique de Montbeliard

Urologie
Conventionnement : Secteur 1
Carte Vitale Acceptée

Prolapsus

 Mots clés : prolapsus, incontinence, dysurie, rectocèle, pessaire, bandelette,

Prolapsus

Mieux connu sous le nom de « descente ou chute d’organes », le prolapsus ne concerne pas seulement l’utérus, mais le vagin, la vessie et/ou le rectum. Il crée une sensation de pesanteur dans le bas-ventre avec des organes qui affleurent au niveau de la vulve ou sont totalement extériorisés. En effet, le périnée de la femme constitue un rempart fermé par l’aponévrose pelvienne d’autant plus fragile du point de vue anatomique qu’il est traversé par ces trois orifices. Le prolapsus est une pathologie fonctionnelle qui entre dans le cadre des troubles de la statique pelvienne et s’accompagne fréquemment d’incontinence. La grossesse est un facteur aggravant d’un prolapsus, autant que les accouchements.

Épidémiologie

Dès la ménopause, 4 femmes sur 10 présentent un prolapsus et, avant ce tournant, 30 % de femmes sans enfants sont également concernées pour des raisons anatomiques (anomalies constitutionnelles des muscles releveurs, béance vulvaire, anomalies héréditaires, tissulaires, défaut de collagène) ou en raison d’une hyperlaxité ligamentaire (hypermobilité des ligaments). 11,1 % des femmes de 80 ans subissent dans notre pays une intervention pour prolapsus uro-génital sur lequel il convient de réintervenir dans la moitié des cas. Dans certains pays européens, l’usage de procédés palliatifs type pessaires (dispositifs intravaginaux) est plus développé qu’en France où il existe une tradition chirurgicale réparatrice plus importante.

Les facteurs de risque

Ils combinent une mauvaise qualité des tissus (collagène), aggravée par la ménopause et son déficit hormonal, une constipation, un terrain familial, un antécé dent d’intervention chirurgicale pelvienne par voie basse (hystérectomie par exemple).

Signes

Le prolapsus ne déclenche aucun symptôme une fois sur deux, hormis une éventuelle dysurie ou gêne pour uriner, en raison de la pression exercée sur la vessie, et un inconfort avec sensation de pesanteur qui augmente en fin de journée. Souvent un cortège de symptômes urinaires (incontinence), digestifs (constipation), sexuels (douleur lors des rapports), accompagne cette sensation de pesanteur aggravée par la station debout qui caractérise certaines professions plus à risque (coiffeuse, hôtesse). La partie antérieure du vagin (cystocèle) peut sortir, de même que la paroi postérieure qui contient le rectum (rectocèle). Un prolapsus isolé de l’utérus s’appelle une hystérocèle. Certaines lombalgies peuvent traduire la présence d’un prolapsus. Dans ce cas, leur traitement ne relève pas de la rhumatologie mais de la cure du prolapsus. Mais la gêne que vous ressentez n’est pas toujours proportionnelle au degré de l’atteinte ni au volume du prolapsus. Les fuites urinaires, enfin, peuvent passer inaperçues du fait du volume du prolapsus. Elles sont alors masquées, mais il faudra en tenir compte lors de la décision thérapeutique au risque de faire apparaître une incontinence urinaire en traitant le prolapsus.

Diagnostic

 Redouté par les femmes qui craignent un cancer de l’utérus, il est souvent à tort perçu comme une tumeur qu’elles ont envie de dissimuler. Sa découverte est parfois fortuite, les femmes se débrouillant pour le masquer lors d’une visite chez le gynécologue en rentr ant cette boule après être allée uriner. Il est source d’irritation lors du contact avec les sous-vêtements, de gêne au quotidien lors des rapports sexuels (souvent interrompus), dans les relations avec les autres et retentit fortement sur l’image de soi. Il s’accompagne ou non d’un incontinence urinaire, mais lorsqu’il est trop volumineux et qu’il obstrue la cavité vaginale, il peut masquer une incontinence reléguée au second plan en raison de la dimension de l’obstacle. Hormis l’examen clinique, on pourra vous proposer des explorations soit pour confirmer le diagnostic ou l’affiner (colpocystogramme), une cystographie mictionnelle pour évaluer la vessie et l’urèthre et la qualité de la vidange vésicale. Une exploration urodynamique en cas d’incontinence associée, masquée ou non.  

Traitement

Sachez qu’il n’existe pas de médicaments ou de traitement médical pour le prolapsus. Tant que le prolapsus n’est pas extériorisé, on peut s’abstenir et se contenter d’une simple surveillance. Le colpocèle fera l’objet d’une intervention. Peut- être vous a- t-on prescrit des crèmes locales qui restaurent la trophicité des tissus et améliorent leur élasticité. Si vous êtes jeune, et si vous n’etes pas trop gênée, votre urologue pourra préférer les méthodes palliatives à la chirurgie plastique (utilisation de dispositifs intra-vaginaux tels que les pessaires) pour retarder le moment chirurgical.

Quelques séances de rééducation périnéale vous auront éventuellement appris à mieux contrôler les pressions et à retarder l’intervention. Si vous êtes fumeuse et sujette aux crises de toux, peut-être aurez-vous préalablement consulté un kinésithérapeute respiratoire, toute source d’hyperpression abdominale pouvant ê tre à l’origine de fuites et de l’extériorisation du prolapsus.

Le traitement ( " cure de prolapsus ") peut emprunter plusieurs voies d’abord chirurgical ;

  • la voie haute par cœlioscopie ou par laparotomie.

  • ou la voie vaginale préférentiellement proposée à la femme plus âgée, prévenue des modifications de l’aspect du vagin et des modifications éventuelles de la sexualité Il consiste, quelle que soit la voie d’abord à réparer les dégâts anatomiques avec ou sans la pose de bandelettes vaginales ou plaques. La tendance actuelle en France est à proposer une chirurgie prothétique de réparation pour prévenir la récidive et améliorer le résultat anatomique à long terme.

Certains protocoles choisissent d’enlever également l’utérus (hystérectomie).

On peut conjointement saisir l’opportunité de cette chirurgie du prolapsus pour traiter l’incontinence par pose de bandelettes sous –uréthrales. Chaque méthode comporte ses avantages et ses inconvénients. Les biomatériaux prothétiques destinés à renforcer la paroi vésico vaginale sont mieux supportés que les matériaux synthétiques, mais la qualité du résultat à long terme doit encore être démontrée.

Pronostic

 Il est bon. Il existe des récidives possibles après traitement chirurgical du prolapsus. Il faudra savoir faire la part entre ce qui est lié à la technique chirurgicale utilisée ou de ce qui est lié au terrain de la patiente.

Stades :

On distingue 4 stades: I considéré asymptomatique à IV (prolapsus extériorisé). 

Mots clés : prolapsus, incontinence, dysurie , rectocèle, pessaire, bandelette,

 

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