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L’ancien Levothyrox, de nouveau disponible dans les pharmacies dès lundi (sous le nom d'Euthyrox !)

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Paris, le mardi 26 septembre 2017 - Confirmant ses déclarations du 15 septembre dernier, le ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé ce matin à l'antenne de BFM-TV que l'ancienne formule du Levothyrox arrivera en France vendredi et sera mis à disposition des patients dans les pharmacies à partir de lundi. Le ministre de la Santé n'a cependant pas pu se montrer très précise en ce qui concerne l'ampleur des stocks. Des négociations avec les industriels sont en cours concernant ce point. Le médicament, pour éviter la confusion, sera vendu sous le nom d'Euthyrox (la signification de ce préfixe pourrait susciter quelques sourires chez ceux qui s'intéressent à cette affaire sous l'angle de la communication !). Les patients devront disposer d'une prescription, obtenue après un contrôle de leur TSH. En pratique, cependant, nous l'avions dit, il sera peut-être difficile aux pharmaciens de faire face aux exigences de certains malades.

Ne pas abandonner le nouveau médicament, si tout va bien !

Une des préoccupations du ministère de la Santé est d'éviter que ce retour de l'ancienne formule ne signe une totale désaffection vis-à-vis de la nouvelle composition et rende particulièrement complexe la disparition totale de l'ancienne formule, pourtant souhaitée par l'industriel et surtout les autorités. Aussi, Agnès Buzyn a-t-elle martelé : « Ceux qui sont bien avec le nouveau médicament, ce nouveau médicament est excellent », avant de préciser encore : « Il est plus stable, c'est pour ça que l'ANSM avait d'ailleurs demandé une modification de formule. Donc le nouveau médicament, surtout si on est bien avec, il ne faut surtout pas en changer ».

Les dangers du monopole

Le retour de l'ancienne formule devrait signer un certain apaisement. L'heure des leçons à tirer semble en tout état de cause proche. Pour Agnès Buzyn, la crise n'a pas été que la manifestation d'un défaut d'information, mais également le rappel des risques représentés par les monopoles. « Les malades n'ont pas pu changer » a-t-elle en effet fait remarquer : on se souvient par exemple de la ruée vers la formule en goutte de la thyroxine, qui témoignait du désir des patients de pouvoir bénéficier d'une autre forme. La situation devrait être modifiée avec l'arrivée mi-octobre d'autres traitements sur le marché français ; des alternatives qui pourraient permettre d'éviter certaines situations d'impasse thérapeutique (réelle ou supposée).

Le ministre se félicite

Enfin, si le ministre a pu par le passé se risquer à une forme de mea culpa quant à la façon dont l'affaire avait été gérée et les patients écoutés, elle se montrait plus combattive ce matin. « J'ai entendu la souffrance des patients. J'ai pris une décision en huit jours » a-t-elle ainsi affirmé ; une assertion que les patients à l'origine de la pétition pour le retour de l'ancienne formule, lancée au printemps risquent de contester. Concernant les suites financières et judiciaires de l'affaire, le ministre paraît également plutôt confiante, assurant qu'il « n'y a pas de demande d'indemnisation qui a été rapportée ». Cependant, la progression du nombre de plaintes (qui est aujourd'hui d'un peu plus de soixante) et le fait que les tribunaux aient préparé une notice d'information à l'intention des plaignants potentiels laissent penser que des demandes d'indemnisation pourraient être bientôt d'actualité. Sur le plan des conséquences réglementaires éventuelles, afin de faire une nouvelle fois évoluer la pharmacovigilance, le ministre a assuré qu'elle n'était pas opposée à la constitution d'une mission d'information parlementaire. Elle a indiqué qu'elle-même avait diligenté une enquête auprès de l'ANSM. Les données de pharmacovigilance de cette dernière, qui permettront d'en savoir plus sur la nature, voire la gravité, des signalements (qui seraient 9 000 aujourd'hui) seront pour leur part bientôt transmises au ministre.

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