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Témoignage de J. : je parle de mon viol pour le surmonter. - Le site du Docteur Paul LADOUCEUR - Docvadis

Témoignage de J. : je parle de mon viol pour le surmonter.

Pendant longtemps, J. n’a pas parlé des agressions que le père de ses enfants lui a fait subir, pour les protéger. Aujourd’hui elle a compris qu’elle avait besoin d’aide et que sa guérison passerait par la condamnation de son agresseur. Voici son témoignage.

« L’homme qui m’a violé est le père de mes enfants et cela a été difficile de porter plainte car il était policier. Mes enfants ont beaucoup souffert à cause de ce qu’il a fait. Ils avaient 7 ans à l’époque, maintenant ils en ont 19.  Pendant tout ce temps, ils ont été privés de l’amour de leur mère car je n’étais plus capable d’être une maman. Je suis devenue une autre personne après ce viol. 

J’aimerais que justice soit faite pour que mes enfants comprennent ce que j’ai subi car ma vie est bousillée. J’essaye de vivre normalement mais je respire avec ça, je me lève avec ça, je dors avec ça et dès que je vois un policier je pense à ça. » 

Se libérer en parlant de l’agression 

J. a mis du temps avant de pouvoir parler de son viol car elle avait peur pour ses enfants. Elle a ensuite compris qu’elle ne pourrait pas avancer si son agresseur n’était pas condamné. 

« J’ai mis beaucoup de temps à parler de mon viol, cela m’a pris des années. Je n’ai pas de famille donc j’avais peur que mes enfants soient placés à la DDAS. J’avais très peur qu’on m’enlève mes enfants, j’étais complètement désorientée. Je me disais, " Il t’a donné tes deux enfants, c’est qu’il t’aime mais pourtant c’est lui ton bourreau. " 

Un jour, mon fils était invité à un anniversaire. J’étais dans la cuisine avec les parents de son ami et je me suis dit " Il faut que tu en parles ". Ce sont eux qui m’ont conseillé de déposer une plainte, mais ils m’ont dit d’aller voir la gendarmerie, pas la police, du fait de la profession du père de mes enfants. Après une audition qui a duré huit heures, on m’a convoquée pour une confrontation. Le jour de la confrontation,  j’étais assise sur une chaise très basse par rapport à celle de l’enquêteur et de mon agresseur. Le policier m’a demandé de raconter ce qu’il s’était passé. J’ai dit que j’avais été violée par l’homme qui était là, le père de mes enfants. Le policier a tout de suite minimisé en disant que c’était peut-être simplement plus fort que d’habitude. J’ai arrêté de répondre aux questions en précisant que je maintenais ma plainte. Trois semaines plus tard, j’ai reçu un courrier qui m’indiquait que l’affaire était classée. Depuis,  j’ai pris un avocat et j’attends un jugement. Tant que ce monsieur ne sera pas  passé devant un tribunal, je ne pourrai pas aller mieux. » 

Trouver le bon accompagnement 

Pendant longtemps J. ignorait qu’il existait des structures spécifiques pour accompagner les femmes victimes de violences.   

« Un jour j’ai fait un malaise dans la rue et j’ai été orientée vers l’hôpital. C’est à partir de ce moment j’ai été suivie. J’ai trouvé un médecin à l’écoute, habitué aux situations de violences conjugales, qui pose les bonnes questions. Elle sait que ces violences existent et donc elle peut aider les victimes. 

Si aujourd’hui je devais donner un conseil aux femmes qui sont victimes de viol et de violences, ce serait de composer le numéro de Violences femmes info 39 19 ou le 17. Il faut parler pour se faire aider par des services spécialisés qui sont là pour vous prendre en charge. Je ne savais pas que ces services existaient et si j’avais réussi à parler plus tôt, j’irais déjà mieux. Il ne faut pas avoir honte, il faut parler. » 

 

Pour savoir où vous adresser en cas d’agression : http://stop-violences-femmes.gouv.fr/

Appelez également le 3919. Appel anonyme et gratuit 7 jours sur 7, de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedi, dimanche et jours fériés. Numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés. 

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