Le site du Docteur François MÉMIER

Psychiatrie
Conventionnement : Autre
Usager de drogues, je suis incarcéré : quels sont les risques d'infections ? - Le site du Docteur François MÉMIER - Docvadis

Usager de drogues, je suis incarcéré : quels sont les risques d'infections ?

L'incarcération fait souvent partie du parcours d'un usager de drogues. Maison d'arrêt ou établissement pour peine, le milieu carcéral présente un risque d'infection plus élevé que le milieu libre. Avec un plus grand nombre de porteurs du VIH et d'hépatites et de nombreuses pratiques à risque, une incarcération exige de l’usager de drogues une grande vigilance sur ses pratiques.

Quels sont les risques infectieux liés à ma toxicomanie ?

Paille de sniff, cuillère mais surtout seringue et tout le petit matériel servant à l’injection sont autant de vecteurs d'agents infectieux s’ils ne sont pas propres et à usage unique. Partager une seringue, utiliser du matériel non désinfecté ou en mauvais état vous fait courir le risque d'une infection aux conséquences parfois dramatiques.

Si de nombreuses infections sont liées aux usages de drogues (tétanos, abcès, œdème ou encore tuberculose, fréquente en prison), trois virus sont particulièrement à craindre :

  • Le virus de l’hépatite B (VHB) se transmet notamment lors de rapports sexuels non protégés et d’échanges de seringues. Ce virus peut entraîner une hépatite aigüe, devenant chronique dans un cas sur dix. L’infection par le VHB provoque dans de rares cas une hépatite dite fulminante, potentiellement mortelle. La vaccination protège efficacement contre ce virus.

  • Le virus de l’hépatite C (VHC) se transmet essentiellement par voie sanguine. La contamination a donc principalement lieu lors de partages de seringues mais également via un échange de coton, filtre ou cuillère. La contamination lors d’un partage de pipe à crack ou de paille de sniff est possible. L’hépatite C devient chronique dans 80 % des cas. Qu’il s’agisse d’une hépatite B ou C, une hépatite chronique entraîne un risque de cirrhose ou de cancer. Il n’existe aucun vaccin protégeant du VHC.

  • Le virus du sida (VIH) se transmet lors de rapports sexuels non protégés et d’échanges de seringues.

Pourquoiles risques sont-ils plus élevés en milieu carcéral ?

  • La proportion de personnes touchées par ces trois virus est nettement supérieure en milieu carcéral qu’à l’extérieur. En 2010, la fréquence des infections par le VIH en milieu carcéral était près de six fois plus élevée qu'en milieu libre, du même ordre de grandeur pour le VHC. Vos risques de contamination par ces virus sont donc plus élevés en milieu carcéral.

  • Bien que le milieu carcéral soit davantage contrôlé, les pratiques à risques sont bel et bien présentes. En 2006, une des rares études sur le sujet révèle que 12 % des usagers de drogues incarcérés continuent de s’injecter, et près d’un tiers d’entre eux partagent leurs seringues.

  • En prison, vous aurez probablement des difficultés à trouver vos produits habituels et serez peut-être tentés de vous tourner vers d’autres substances ou d’autres pratiques de consommation dont vous maîtrisez mal les risques. L’initiation à de nouvelles drogues est ainsi fréquente en prison. De plus, les conditions de promiscuité (environ 67 000 détenus pour 57 000 places en 2012 en France) entraînent souvent une consommation de drogue en cachette et dans la précipitation, sans prendre le temps de stériliser correctement son matériel.

  • La loi prévoit que les soins et les outils de réduction des risques proposés (matériel de stérilisation, paille ou seringue neuve, etc.) doivent être équivalents en prison à ceux du milieu libre. Sur le terrain, la réalité est plus nuancée. Si l’eau de Javel pour stériliser son matériel (voir ci-dessous) est disponible en prison, les programmes d’échange de seringues (PES), qui permettent aux détenus d’avoir accès à du matériel d’injection stérile, sont absents des prisons françaises, de même pour le petit matériel permettant de préparer l’injection et le matériel pour le sniff ou les pipes à crack. Ainsi, vous ne pourrez théoriquement pas avoir accès comme à l’extérieur à du matériel neuf.

Comment réduire mes risques ?

Utilisez uniquement du matériel stérile, neuf et à usage unique, n’acceptez jamais un matériel dont vous ne connaissez pas la provenance, ne partagez pas votre matériel. Si vous deviez tout de même utiliser une seringue usagée, stérilisez-la avec de l’eau de Javel à 12° pour minimiser les risques. Rincez tout d’abord à l’eau avant de nettoyer à l’eau de Javel, puis laissez agir pendant une minute. Répétez l’opération au moins deux fois et rincez ensuite au moins deux fois votre matériel avec de l’eau.

La stérilisation à l’eau de Javel doit toujours être une mesure par défaut en l’absence de PES. Elle ne fait que réduire les risques d’infection par le VIH et son efficacité dans la lutte contre le VHB et VHC reste incertaine.

L’eau de Javel est théoriquement distribuée gratuitement tous les 15 jours et il est parfois possible d’acheter des bouteilles supplémentaires. Vérifiez toujours qu’il s’agisse d’une eau de Javel à 12°, ce qui n’est pas toujours le cas dans certains établissements.

Enfin, la vaccination contre le VHB est proposée dans la plupart des établissements.

J’ai peut-être été contaminé : que puis-je faire ?

Si vous pensez avoir été contaminé ou avez été en contact avec du matériel souillé, demandez à rencontrer au plus vite le personnel soignant de l’établissement. Une prise de sang pour dépister VIH, VHC et VHB est proposée systématiquement à l’entrée en détention dans 90 % des établissements, mais ce dépistage est également possible à tout moment dans la quasi-totalité des lieux de détention. Un traitement préventif d’une contamination au VIH vous sera alors peut-être proposé. Vous bénéficierez d'une qualité de soins et d'un soutien psychologique similaires à ceux du milieu libre.

 

La meilleure stratégie de réduction des risques infectieux reste toujours l'arrêt de votre consommation. Si vous le souhaitez, adressez-vous au personnel soignant pour entamer un sevrage, aidé si besoin par un traitement de substitution. Si néanmoins vous avez des pratiques à risque, ne partagez jamais votre matériel. Si vous pensez avoir été en contact avec du matériel souillé, demandez à rencontrer dans les plus brefs délais l’équipe de l’unité sanitaire. Si elle l’estime indiqué, vous recevrez un traitement d’urgence de prévention du VIH.

COTAGON

CENTRE DE COTAGON ,
BP 10,
38620 ST GEOIRE EN VALDAINE, France

Contacts

  • Fixe : 04 76 07 60 12
  • Fax : 04 76 07 55 67
Plus d'informations (Accès, Horaire...)

Documents similaires

  • Mon enfant est autiste, je m'informe sur sa scolarisation.

    La scolarisation des enfants autistes est très souvent conseillée, car toujours bénéfique pour l'évolution des troubles liés à l'autisme. Cependant, la forme que prendra cette scolarisation sera très différente selon la sévérité du handicap de votre enfant.

    Lire la suite
  • Je m’informe sur le rôle des professionnels en psychiatrie

    De nombreux professionnels interviennent dans le secteur de la psychiatrie et de la santé mentale auprès des adultes. Chacun a un rôle précis et peut apporter une aide différente à ses patients, lorsque le suivi par le médecin traitant ne suffit pas.

    Lire la suite
  • Mon enfant est autiste : quelles sont les thérapies possibles ?

    L'autisme, ou plutôt les Troubles du Spectre Autistique (TSA), pouvant prendre des formes très différentes, il existe de nombreuses thérapies autour de l'autisme et il est parfois difficile pour les parents de s'y retrouver. Certaines structures pourront vous aider à trouver la thérapie la mieux adaptée au trouble de votre enfant.

    Lire la suite
  • Je découvre un centre psychiatrique

    Cette vidéo vous présente l’accompagnement d’une personne dans ce lieu sécurisé et sécurisant qu’est un centre psychiatrique. Une alliance thérapeutique est passée entre cette personne et l’équipe pluri professionnelle. Vous découvrirez dans ce film plusieurs intervenants qui vous décrivent leur rôle et ce qu’ils apportent dans le parcours de prise en charge, des soins jusqu’à la réinsertion. Leur objectif est de permettre un retour à un équilibre pour aller vers l’extérieur.

    Lire la suite
  • Usager de drogues, je suis incarcéré : quelles sont les offres de soins ?

    La détention est toujours un passage délicat dans le parcours d'un usager de drogues. Les risques plus élevés pour la santé et la difficulté de trouver son produit habituel en prison entraînent parfois le besoin d’une aide médicale, qu'il s'agisse d'un soutien psychologique ou d'un traitement de substitution.

    Lire la suite

Ce site n'a pas pour vocation de remplacer une consultation médicale