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Lésions du col utérin : je me renseigne sur les Papillomavirus.

Ces dernières années, avec le développement de tests de détection et des vaccins, on a beaucoup parlé du rôle de virus (papillomavirus humains, en anglais, HPV : Human Papilloma Virus) dans la survenue des cancers du col de l'utérus. Que sont ces virus ? Comment peuvent-ils être responsables de cancers ? Comment les attrape-t-on ? Peut-on s'en protéger ?

Le papillomavirus qu'est-ce quec'est ?

Les papillomavirus sont de petits virus à ADN (l'ADN est le constituant de notre code génétique ; les virus de la grippe, par exemple, sont des virus  à ARN). De structure ronde ou à 20 côtés, ce sont des virus nus qui résistent en milieu hostile (froid, détergents, piscines). Ils appartiennent à la famille des papovavirus qui compte plus de 200 types et de nombreux sous-types et sont extrêmement répandus (virus commensaux). Certains sont portés uniquement par les animaux.

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La plupart des papillomavirus humains ont un tropisme pour la peau ou les muqueuses. Certains ne donneront jamais aucune maladie. D'autres peuvent donner les verrues plantaires (type 1) ou les verrues des doigts (type 2 entre autres). D'autres enfin sont localisés aux muqueuses génitales pour donner des verrues génitales externes (condylomes ou crêtes-de-coq, types 6-11 et d'autres) ou des lésions bénignes du col de l'utérus (condylome plan).

 

C'est l'infection génitale la plus répandue chez les femmes jeunes. On estime à 30 millions par an le nombre de nouvelles infections génitales à HPV dans le monde. 50 à 85 % des femmes de 15 à 44 ans sont ou ont été en contact avec les HPV.

La contamination se fait, essentiellement mais pas exclusivement, par voie sexuelle, y compris sans pénétration. L'infestation est fréquente dès le premier rapport et atteint, en 5 ans, près de 70% des femmes de plus de 25 ans actives sexuellement.

 

Parmi les plus de 120 HPV connus, 18 sont potentiellement cancérigènes. Les types de virus responsables des lésions du col sont variables selon les pays : 16-18 en Europe, mais 45 en Amérique latine, par exemple. Quand le virus rentre dans une cellule, il y intègre au code génétique le fragment d'ADN qui sert à sa propre multiplication, il va ainsi modifier la fabrication de protéines dans la cellule et lui donner le potentiel d'immortalité qui caractérise la cellule cancéreuse.

Heureusement les choses ne sont pas aussi simples et dans la grande majorité des cas, l'organisme va se débarrasser du virus dans des délais variables de 1 à 3 ans. Plus rarement ( < 5 % des cas), le virus peut rester longtemps dans la cellule puis, au niveau du col utérin entraîner l'apparition de lésions pré- cancéreuses (dysplasies) qui elles mêmes vont mettre plusieurs années à se transformer en cancer ( < 1 %).

 

La présence prolongée d'HPV dans la cellule semble être un élément déterminant dans la genèse des lésions précancéreuses et cancéreuses du col, mais cela ne suffit pas puisque pratiquement toutes les femmes sont un jour ou l'autre infectées et que très peu d'entre elles vont développer des lésions.

D'autres facteurs jouent un rôle important :

  • le tabac augmente le risque par 4

  • d'autres infections génitales, herpés, chlamydia

  • des facteurs nutritionnels : certaines carences alimentaires en vitamines

  • des facteurs hormonaux : la pris e de pilule augmente légèrement le risque

  • des facteurs immunitaires, des sensibilités génétiques individuelles.

Surtout l'absence de dépistage régulier par frottis multiplie le risque de cancer invasif du col par 22.

 

Depuis quelques années, ont été mis au point des tests qui permettent de détecter certains types de virus sur les frottis. Les laboratoires en ont fait beaucoup de publicité. L'important n'est pas de détecter le virus dont toutes, un jour ou l'autre, sont porteuses mais de détecter les lésions précancéreuses induites par ce virus. Ces tests n'ont d'intérêt réel que dans quelques cas où le frottis montre des cellules anormales sans qu'il soit possible de trancher entre lésion déjà constituée ou simple inflammation.

 

Les vaccins utilisent l'immunité produite par des fragments de la capsule du virus. Les 2 produits en vente sont dirigés contre les HPV 16 et 18 et pour l'un d'entre eux contre deux autres types responsables de verrues génitales. Ils ne protègent donc que contre certains des virus responsables du cancer du col. La vaccination ne remplace en aucun cas le dépistage par frottis, elle vient simplement en complément.

 

Le préservatif est le moyen le plus efficace pour éviter la propagation des maladies sexuellement transmissibles, en particulier le virus HIV du SIDA. En ce qui concerne l'HPV, son efficacité est beaucoup plus discutable car le virus est très petit et peut se transmettre par contact cutané lors de caresses périnéales ou par voie oro-génitale.

 

Lorsque des anomalies apparaissent sur le frottis, il est probable que vous êtes porteuse du virus depuis plusieurs années. La recherche systématique d'HPV chez le partenaire est le plus souvent négative dans ces cas et même si vous êtes tous deux porteurs, il est vraisemblable que ce soit depuis très longtemps. À l'angoisse de la découverte de cette anomalie, n'ajoutez pas le doute sur la fidélité dans votre couple, ceci est, le plus souvent, injustifié.

 

La contamination par HPV se fait souvent dès le premier rapport. Une étude récente montre que 20% des femmes homosexuelles sont porteuses d'HPV et que le cancer du col est aussi fréquent dans cette population. Il est très important que les femmes homosexuelles ou celles qui n'ont plus de rapports sexuels depuis longtemps soient suivies sur le plan gynécologique au même titre que les autres.  

Lespapillomavirus jouent un rôle très important dans le développement des lésionscancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus. Il ne faut pas perdre de vuel'objectif qui n'est pas la lutte contre le virus, mais contre les lésionsqu'il provoque et, dans ce domaine, le dépistage par frottis régulier estl'arme qui a montré la plus grande efficacité pour réduire l'incidence ducancer du col.

 

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