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Médecine Générale
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Saturation/désaturation...

LA THEORIE...

La « théorie », c’est ce qu’on nous a appris – aux « anciens » -, et ce qu’on continue à enseigner aux futurs « niveaux 4 ».

    1.L’organisme peut être divisé en « tissus ».Un tissu est un être purement mathématique, sans correspondance simple avec les vrais « tissus et organes » de l’organisme. Il correspond à tout ce qui, au sein de cet organisme, se charge (et se décharge) en gaz inerte (l’azote pour la plongée à l’air) à une même vitesse donnée.

    2.Le gaz est apporté dans lesdits tissus (et éliminé) par le sang. Les échanges sont donc fonction de la seule perfusion des tissus.

3.C’est très pratique pour concevoir des tables de plongée : la « fonction de saturation » (et de désaturation, parfaitement symétrique) est une fonction exponentielle assez simpliste qui relie la saturation en azote (« PPN2 ») avec la durée d’exposition au gaz sous pression (le « temps de plongée »). Une exponentielle est caractérisée par la notion de « période », T, soit le temps de doublement de la saturation/désaturation en gaz. Le « tissu » est défini par sa période, et par rien d’autre ++. (Parler de « période » d’un tissu n’a de sens que si 1) la fonction est exponentielle, 2) un tissu, mettons « 120’ », à la saturation, demeure un tissu « 120’ » à la désaturation : ces points sont essentiels ++).

4.Pour établir les tables de l’US Navy, Workman a recouru à des « tissus » 5’, 10’, 20’, 40’, 80’, 120’,160’, 200’, 240’. Les tissus « courts » correspondent, en gros, aux liquides de l’oreille interne, au sang, au système nerveux, les tissus « longs » aux articulations…

5.Et la MN 90 ? – Elle n’est pas conçue sur des bases très différentes. Elle reprend d’ailleurs le même principe de calcul que la vieille GERS 65 (que les plus anciens d’entre nous ont utilisées pour leurs passages de brevet !), avec des coefficients de sursaturation « critique » « durcis » pour coller à la courbe de sécurité de l’ancienne table Comex !

6.Et les microbulles ? – Ce modèle toujours « standard » - puisque la table MN 90 est la (seule) table enseignée en France ne gère que du gaz inerte « dissous ». Le gaz « libre » (les bulles « silencieuses ») présentes à la fin de chaque plongée, non dissous, n’est pas géré directement par les calculs. Comprenez : sa gestion est indirecte : à une sursaturation en gaz dissous donnée est empiriquement associée une quantité de gaz libre en excès donnée susceptible, si la sursaturation en gaz dissous dépasse un « seuil critique », de donner un accident.

7.Et la table suisse Bühlmann, à l’origine des premiers algorithmes de nos ordinateurs de plongée ? – Le modèle « par perfusion » exclusive, avec « tissus » et concept de « sursaturation » critique » n’est pas remis en cause… pour faciliter les calculs. Mais, pour mieux prendre en compte la réalité du gaz libre, Bühlmann a testé ses tables lors de plongées en altitude (dans les lac suisses… et le lac Titicaca), l’hypobarie associée à l’altitude « révélant » mieux les «tensions » (≈ pressions partielles) de gaz dissous maximales acceptables, en particulier dans les tissus très longs. Ces tables, plus pénalisantes, ont donc été un progrès.

En résumé, retenons : 1) l’assimilation de l’organisme à des « tissus » mathématiques, 2) La désaturation symétrique de la saturation au sein de chaque « tissu », 3) l’absence de gestion directe du gaz non dissous.

  • La courbe de saturation/désaturation... en théorie!

    La courbe de saturation/désaturation... en théorie!

... ET LA REALITE !

La réalité est plus proche de ce qui est maintenant décrit :

    1.Les échanges gazeux entre les alvéoles pulmonaires et les différents organes et tissus se font par perfusion et par diffusion.

    2.Du coup, la courbe de saturationd’un tissu (réel) ou d’un organe n’est pas une exponentielle, mais une sigmoïde, avec en quelque sorte un retard à la saturation : commencer une plongée à petite profondeur fait perdre ce « bénéfice » pour la partie profonde et saturante de la plongée. La plongée « multi-niveaux » n’autorise pas sans pénalisation lourde les profils inversés ++

3.La courbe de désaturation n’est que idéalement la symétrique de la courbe de saturation, car de multiples facteurs viennent favoriser le ralentissement du dégazage pulmonaire, particulièrement trois : 1) les microbulles « silencieuses » qui ralentissent la circulation dans les capillaires juxta-alvéolaires, 2) la déshydratation, notamment celle inhérente à toute immersion (perte, en gros de 500 ml pour une plongée de 45 à 60’), qui accroît la viscosité sanguine et favorise la stase veineuse, en particulier dans les réseaux veineux de drainage de la moelle épinière avec risque de dégazage à leur niveau, 3) le froid, gros facteur, entre autres, de vasoconstriction et donc de ralentissement du débit sanguin d’élimination des gaz dissous… et des bulles !

4.Indépendamment de cette courbe de désaturation « en pente douce » (par rapport à la courbe de saturation), mais qui amplifie cet effet : l’abaissement du seuil de sursaturation critique (niveau de « perte de silence » des bulles !) chez un individu donné en cas de froid, fatigue, alcool, stress, décapage du revêtement intérieur des vaisseaux sanguins (l’ « endothélium ») par un excès de bulles circulantes, état inflammatoire, hypoglycémie, excès de gaz carbonique + (Nous reviendrons ultérieurement sur la « menace CO2 » pour le plongeur…)

5.Bref, aucune table, aucun algorithme n’est capable de décrire avec exactitude, pour un plongeur donné un jour donné, pour une plongée donnée, la désaturation. Impossible donc de décrire précisément ce qui se passe pendant un intervalle de surfaceNous ne sommes pas des êtres mathématiques, la biologie prime. Plus on s’éloigne des conditions de non-abaissement des seuils de sursaturation critique et de moindre ralentissement des débits sanguins d’élimination des gaz, moins les tables et les ordis sont fiables. Du coup, la prudence s’impose pour les plongées successives ++

En conclusion, toutes ces incertitudes font le succès des modèles de tables dits « probabilistes »: ils ne prétendent rien expliquer, mais seulement analyser le plus grand nombre de données d’observation. 64 000 dossiers de plongée avec la Cx 74 analysés par la Comex, ayant donné lieu à 137 ADD de type I et 5 ADD de type II. Elaboration de la Cx 86, validation (sur 30 000 dossiers), petites corrections et validation finale de la « MT 92 » air/oxy… Qui dit mieux ?! Mais pour éviter les, heureusement rares, ADD de type II (neuro et vestibulaires), la Cx le confirme : pas de plongée « Yo-yo », pas de remontée rapide à la surface, pas de plongées intensives pendant de nombreux joursMême la MT 92 ne peux pas tout ! Et fiabilité maximale de la table si le produit de la pression absolue ambiante par la racine carrée du temps Pabst est < 25… (Nous reviendrons sur cette table, dont l’usage devrait s’imposer à tout plongeur professionnel, et dont l’apprentissage serait, à mon sens, une bien meilleure préparation à l’usage des ordinateurs que celui de la table MN90 imposée par la FFESSM)

  • La courbe de saturation/désaturation, pleine d'incertitudes... la réalité !

    La courbe de saturation/désaturation, pleine d'incertitudes... la réalité !

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