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Un ordinateur au sommet

 Un ordinateur au sommet

Un ordinateur au sommet

 

C’est au sommet du Pic du Midi de Bigorre, 2877 mètres, que nous avons décidé d’emmener dans un périple inhabituel l’ordinateur de plongée Smart (Scubapro-Uwatec) pour en étudier certaines réactions et mesurer l’influence de l’altitude sur la désaturation.

Tout plongeur sait, même s’il n’a pas eu lui-même l’occasion de le vivre, qu’une plongée en altitude impose un calcul spécifique des temps de palier selon des adaptations mathématiques qui se calculent traditionnellement en vertu  de règles bien connues.

             Mais que fait un ordinateur si on le balade vers un des plus hauts sommets des Pyrénées françaises ? L’occasion était trop belle pour ne pas tenter l’expérience et faire passer une nuit à la belle étoile à ce Smart qui n’avait connu que les fonds marins. « A la belle étoile » est le mot juste si l’on sait que le plus célèbre observatoire de France est juché au sommet de ce magnifique Pic. C’est là que jadis fut établie pour le compte de la NASA la cartographie de la lune pour l’expédition d’Apollo 11. Ce temple de la Science était bien le lieu mythique dont on pouvait rêver pour mener à bien une expérience insolite!

            Le plongeur souvent, lors des retours de voyages plongée, se retrouve dans un avion dont la pression cabine se situe aux alentours d’une pression équivalente à 2000 m d’altitude. C’est pour cette raison que plonger le dernier jour avant le départ n’est pas une bonne idée, risquant de provoquer ou d’accélérer une désaturation pathologique durant le vol.

Les ordinateurs de plongée sont sur ce point d’excellents conseillers en indiquant au plongeur qu’il est dans une configuration « No flight ». Il devra ménager un délai souvent de 24 heures avant de pouvoir prendre l’avion en toute sécurit é. L’ascension d’un sommet est une situation assimilable à ce cas de figure (voir notre article :une anecdote significative ) , sans compter l’effort qui l’accompagne.

            Et notre Smart dans tout cela ? Parti de notre domicile à 218 m d’altitude nous devions atteindre la base du téléphérique située à 1800 m en 1 heure. Déjà l’ordinateur avait senti l’air de la montagne et signalait unmode montagne automatique avec un temps de désaturation d’environ 27 heures. Un heure après ce fût la grande ascension qui nous emmenait en 15 minutes de 1800 m à 2877m . Lemode haute montagne fonctionna aussitôt et 35 heures environ de désaturation s’affichèrent au sommet. Le compte à rebours de la désaturation s’amorça très vite au fil du temps passé au sommet (16 heures) et s’égrena régulièrement  jusqu’à la descente pour disparaître très vite à l’approche de la plaine.

            On sait que la pression atmosphérique diminue en allant du bas vers le haut. Cela est aussi bien valable sous l’eau que sur terre, pour ne pas dire dans les airs. Plus on monte et plus la pression diminue. Par contre dans le milieu aquatique la variation de pression est de 1 bar par 10 mètres sachant que la pression au niveau de la surface de la mer (pression atmosphérique) est d’environ 1 bar. On a donc 1 bar de pression absolue sur le bateau, 2 bars à 10 m, 3 à 20 etc. la pression à laquelle est soumis le plongeur augmente donc très vite au fur et à mesure de la descente. Sur terre ou en altitude les variations ne sont pas aussi rapides mais suffisantes pour induire toutefois des accidents de décompression si on ne fait pas une halte significative sur le plancher des vaches après une plongée ! La pression représente le poids de la colonne d’eau rapportée par exemple au centimètre carré de peau en situation d’immersion ou celle de l’ air dans le cadre du terrien non plongeur. La densité de l’air et de l’eau sont bien différentes , donc les masses et par voie de conséquence les pressions exercées aussi. Mais n’oublions pas qu’il faut parler parfois en pression absolue car sur le bateau, l’air exerce donc une pression d’environ 1 bar (1013 mb en moyenne) qu’il faudra rajouter au classique bar supplémentaire par tranche de 10 mètres. L’ordinateur quant à lui calcule à partir de la surface qui demeure sa référence et n’est pas fait pour piloter la désaturation d’une plongée en enchaînant dans la foulée l’ascension d’un sommet !

            Le tableau ci-dessous montre un exemple de mesure permettant de mieux évaluer les variations de pression en fonction de l’altitude :

 

 

ALTITUDE (m)

PRESSION  (hPa)

494

957

650

939

774

925

819

920

1119

887

1465

850

1599

836

2023

793

2258

770

3010

700

 

           

Les pressions en fait varient en permanence et ne sont pas des chiffres figés. En effet selon les phénomènes météorologiques (anticyclones, dépressi ons etc…) la pression d’un lieu connaît des fluctuations naturelles dans le temps. Sous l’eau le phénomène est moins sensible puisque les calculs se font en fonction des pressions relatives par rapport à la surface .

            Autre constatation intéressante au sommet, ce fut l’apparition d’une petite bulle  mobile au niveau de l’écran de l’ordinateur qui ne gênait en rien son fonctionnement et qui disparu dès la descente, mais illustrant parfaitement ce qui peut se passer dans le sang d’un plongeur en altitude. L’air était passé de la phase dissoute à la phase gazeuse par simple diminution de la pression ambiante. Il faut savoir que les ordinateurs sont remplis le plus souvent d’un bain d’huile sous vide lors de leur fabrication.

            Cette simple observation ne peut toutefois que nous inciter à respecter l’indication « No flight » de nos ordinateurs de plongée ou éviter de grimper les sommets à la suite trop rapprochée d’une plongée. Quoiqu’il en soit le Smart a réagi lors de sa balade montagnarde et a montré sa capacité d’adaptation aux calculs en altitude.

            Pour finir, un des moments forts de cette journée fut la redécouverte d’un site merveilleux livrant au visiteur émerveillé un panorama indescriptible et inoubliable…avec vue sur les étoiles de mer…de nuages !

 Le Pic du Midi de Bigorre (Hautes-Pyrénées) vous accueille toute l’année et il n’est pas nécessaire d’arborer un Smart au poignet pour visiter ce véritable « Vaisseau des Etoiles » avec son  musée  de l’astronomie à 2877m : le top !

 

                                               Dr Michel Struye

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