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Le MedeP 2003 : la Médecine au service du Plongeur

 Le MedeP 2003 : la Médecine au service du Plongeur

Le MedeP 2003 : la Médecine au service du Plongeur

 

La decine De   P longée s'est développée à Toulouse, dès les années 70, avec création d'un diplôme d'université de médecine subaquatique hyperbare en 1987. La médecine de plongée est une dynamique très particulière, cristallisée le plus souvent autour d’un caisson hyperbare présent dans les centres hospitalo-universitaires. Le fait d'être médecin et plongeur à la fois a permis à certains centres de se développer autour de cette activité. C'est le cas pour Toulouse où, en 1993 un premier séminaire de perfectionnement théorique et pratique voyait le jour à Almunecar. Ibiza devait accueillir cinq autres séminaires puis ce fut le tour de la Mer Rouge pendant quatre années consécutives pour aboutir cette année en Martinique.

C'est aux docteurs Jean-Louis Ducassé et Philippe Izard que nous devons la mise en oeuvre de ces rassemblements spécifiques dédiés à la médecine de plongée. À l'occasion de ces colloques se retrouvent tous les médecins souhaitant améliorer leurs connaissances autour de thèmes prédéfinis, sans négliger toutefois le côté pratique de l'enseignement .Le MedeP, comme le dit le docteur Ducassé, est le « reflet d'une amitié dédiée à une passion ». Des médecins de tout l'hexagone se sont retrouvés une fois de plus, accompagnés aussi de médecins étrangers, tout près de Fort de France pour débattre des sujets d’actualité. Au fil des années l'intérêt des congressistes s'affirma sans cesse et la qualité des débats est un encouragement au développement de cette initiative qui fait de l'Université de Toulouse un exemple de dynamisme. L'organisation de ce congrès reste la prérogative de l'Agence Mondiale du Voyage, connue à Toulouse sous le sigle AMV. Le MedeP 2003, cinquièm e du nom, apporta comme chaque année son lot de connaissances nouvelles pour certains ou des sujets de réflexion pour d'autres. En effet les orateurs n'hésitaient pas à soulever  des thèmes délicats où différentes stratégies pouvaient s'affronter dans une joute intellectuelle très riche en enseignement.

 

Il nous a paru utile d'en dégager quelques éléments essentiels susceptibles d'éclairer des plongeurs concernés. Parmis les thèmes exposés nous avons retenu les sujets : Handicap et Plongée puis Médicaments et Plongée.

 

Le premier incarne bien le sujet délicat par excellence. Ce fut un des débats importants du MedeP 2003 où les deux tendances habituelles se retrouvaient  face à face. Il y a ceux qui pensent qu'un handicapé physique a le droit de connaître ou de continuer la pratique du sport qu'il a choisi, en l'occurrence la plongée sous-marine et ceux qui brandissent la crainte d'un éventuel problème pénal en cas d'incident ou d'accident. On ne peut que comprendre les arguments des uns et des autres. Humainement parlant,  le regard de celui qui a réalisé son rêve est la seule réponse aux détracteurs de la plongée pour handicapés explique le Dr Christophe Lenne  durant son brillant exposé. Mais cela, il est vrai, implique que tout se passe bien et le moindre incident pourrait, aux yeux de certains, faire l'objet de sanctions, considérant que le handicap est une contre-indication à la pratique de cette activité. Sachant qu'une lettre de décharge n'a aucune valeur juridique la responsabilité du médecin, des moniteurs et du club est engagée et pourrait bien aboutir à un réel problème juridique en cas d'accident. Le Dr C Lenne ne pouvait que déplorer le cadre juridique actuel qui ne récompense pas ceux qui par leur dévouement de chaque instant offrent aux handicapés des moments de bonheur. Certaines jurisprudences n'ont pas hésité à parler de « mise en danger délibérée d'autrui sans so n consentement » ou encore « d'avoir  entraîné un tiers dans un milieu hostile » !

 Bien entendu seuls certains handicaps  sont concernés et chaque cas fera l'objet d'un examen personnalisé. Si on se réfère à la liste des contre-indications à la plongée, les déficits  moteurs sévères représentent une contre-indication définitive. Pour la Fédération Française Handisport il existe aussi une autre liste différenciant les indications possibles à la plongée et les contre-indications formelles au sein même du handicap. Toute notion de risque d’épilepsie sera par exemple écartée, au même titre qu'un déficit intellectuel ou autre sclérose en plaques. Des points sont également attribués à chaque type de handicap et la prise en charge des handicapés ne devra pas dépasser un quota de 25 points par palanquée. A lui seul un tétraplégique apportera la totalité des points alors qu'un amputé brachial sera pénalisé de 5 points. Plusieurs catégories de plongeurs ont été également proposées dans le cadre de la plongée handisport , tout comme les trois catégories de certificats médicaux ! Il existe également une classification handiplongeur qui est proposée au sein de la convention entre FFESSM et FFH. La complexité y est toujours présente ! Il va de soi que les encadrants bénéficieront  aussi de classifications spécifiques.

Autant dire que la tentative de classification est aussi complexe que le sujet lui-même et qu'il est légitime de comprendre la frilosité de celui qui engage sa responsabilité. Les textes sont souvent pleins de paradoxes rendant leur mise en application complexe. A signaler la place de l'association  « La Palanquée » à Marseille qui se bat pour la reconnaissance de cette activité.

De plus en plus de clubs reçoivent des plongeurs handicapés au sein même de la FFESSM et le Dr Lenne de dénoncer le « parcours du combattant rencontré par le plongeur handicapé qui doit trouver la structure d'acc ueil consentante, le cadre qualifié et disponible, le médecin reconnu et capable de délivrer le certificat d'autorisation à la pratique et enfin le lieu, le moment de sa pratique. Si toutes ces épreuves sont réussies, alors qu'il s'agit de personnes à mobilité réduite, on peut leur reconnaître la qualité de motivation très forte ». Au sein de la FFESSM plusieurs formes de plongée sont proposées aux handicapés.

Une formation complémentaire est nécessaire aux enseignants pour la prise en charge de ces personnes compte-tenu de spécificités telles que sensibilité au froid, fragilité de la peau, infection nosocomiale potentielle, ou autre écueil lié aux risques techniques rencontrés en pratique.

Adapter le matériel sera parfois une préoccupation incontournable mais difficile.  Parmi les exemples d'adaptation du matériel on peut citer le gilet inversé avec un bloc ventral pour stabiliser le plongeur et adaptation de la purge ou du système de gonflage..

En conclusion de ce débat  toujours aussi délicat et cette législation qui n'évolue pas suffisamment au gré de beaucoup, le Dr Lenne déclarait qu'il était toutefois « très satisfaisant de redonner à des maltraitées de la vie un certain goût de vivre ».

Et si le bonheur s’appelait Plongée !..

 

Autre thème très pratique: Médicaments et plongée

 

« La prise de médicaments, quels qu'ils soient ou quelle qu'en soit la raison, doit être de principe une contre-indication à la pratique des activités sous-marines ». C'est ainsi que débute l'exposé  sur les médicaments et la plongée présenté par les Drs Izard, Ducassé et Gleizes. Il faut toutefois être réaliste, on ne peut ignorer que des plongeurs prenant de l'âge se verront prescrire très souvent des médicaments. Le médecin aura donc la délicate mission de trouver un compromis entre la prise de médicam ents et la pratique de la plongée. Il ne faut pourtant pas sous-estimer les interactions entre plongée et médicaments.

Il est rappelé que l'augmentation de pression partielle de l'azote est à l'origine de l'apparition du phénomène narcotique. Les médicaments ayant ce même effet ne pourront qu'aggraver cette tendance. C'est ainsi que les benzodiazépines pourront s'avérer dangereuses et qu'en cas d'utilisation, celle dont la présence dans le sang est la plus courte, pourra être considérée comme la moins « nocive »  (Stilnox, Imovane…).

Les anxiolytiques (Témesta, Lexomil, Lysanxia, Tranxène, Séresta…) ont des « durées de vie » relativement longues et risquent de potentialiser le phénomène narcotique.

Les médicaments contre le mal de mer sont pour la plupart des dérivés neuroleptiques (Vogalène, Primpéran, Nautamine, Mercalm, Péridys…). Même le Scopoderm  peut faciliter la somnolence.

En ce qui concerne les antiallergiques il est rappelé que certains n'ont que peu ou pas d'effet sédatif (Clarityne, Virlix, Zyrtec, Aérius etc.).

Les médicaments contenant des dérivés opiacés sont à écarter formellement y compris ceux en association avec des antalgiques simples (paracétamol et codéine). Il existe également des antitussifs opiacés (Néo-Codion…) ou des antidiarrhéiques morphiniques ( Diarsed , Imodium…).

La prise d'aspirine au titre d'antiagrégant plaquettaire peut en limiter les effets à l'occasion d'une maladie de décompression.

La cortisone également peut avoir un effet négatif dans certains cas de figure.

Dans le traitement de l'hypertension artérielle, considérée la plupart du temps comme une contre-indication à la plongée, les bêtabloquants ou la plupart des inhibiteurs calciques devront être exclus. Les diurétiques quant à eux augmentent la déshydratation. Le traitement qui peut être toléré sera représenté par les inhibiteurs de l'e nzyme de conversion. Actuellement on utilise souvent les inhibiteurs de l'angiotensine 2 , compatibles avec l'activité subaquatique.

Le Dr Izard rappelle que la prise de médicaments anti-arythmiques fait poser le problème de l'existence des troubles du rythme considérés comme une contre-indication à la plongée.

Il en est de même pour les médications de l'asthme puisque celui-ci est une contre-indication tout aussi formelle.

Il est classique également de considérer le diabète insulinodépendant comme une contre-indication. En ce qui concerne les biguanides et les sulfamides hypoglycémiants (médicaments du diabète) le risque d'un accident majeur d'hypoglycémie est toujours présent. Des débats très passionnés se font jour autour de ce sujet.

En ce qui concerne la prophylaxie du paludisme, l'usage du Lariam est contre-indiqué en raison de troubles neurologiques possibles.

En conclusion, le Dr Izard insiste sur le fait que « toute pathologie nécessitant une thérapeutique au long cours chez un plongeurs non débutant devra tenir compte obligatoirement des effets délétères que peuvent avoir certains médicaments ou classes  thérapeutiques dans le cadre de cette activité. Dans tous les cas il s'agira , en l'état actuel des connaissances, d'une prise de risque calculé de la part du médecin pouvant avoir des conséquences juridiques dans l'hypothèse d'un accident ».

 

Bien d’autres sujets furent abordés lors du MédeP 2003, toujours aussi fertiles en enseignement. Les médecins étaient ravis et attendent déjà le prochain rassemblement non sans tirer un coup de chapeau aux organisateurs !

 

                                                           Docteur Michel STRUYE

 

 

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