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Foramen ovale

 Foramen ovale

Foramen ovale

 

 

Foramen ovale : derrière cette terminologie quelque peu abstraite se cache une réalité intéressant au plus haut point les plongeurs. En effet, de plus en plus, ce terme est rencontré dans toutes les études sérieuses concernant l’optimisation des profils de décompression. Il s'agit là d'un phénomène anatomique tout à fait banal chez le simple terrien, mais qui revêt une importance non négligeable dans la population des plongeurs. Ce terme barbare évoque en fait une particularité anatomique issue du développement de l'embryon humain. Le foramen ovale est un orifice situé entre les deux oreillettes du cœur , présent de façon normale chez tout fœtus, mais qui avec l'âge est censé se refermer de manière définitive. Toutefois une frange non négligeable de la population voit cet orifice du coeur demeurer potentiellement perméable au-delà des premières années de l’enfance nécessaires à sa fermeture. Selon les chercheurs, environ un quart des individus garde  ce foramen ovale qui est parfaitement toléré dans la vie de tous les jours. La quasi-totalité des sujets passera toute son existence sans savoir qu'elle avait en elle ce vestige embryonnaire. Le cœur, chacun le sait est divisé en quatre cavités, deux oreillettes et deux ventricules. Un mur vertical sépare le côté droit du côté gauche et en assure normalement l'étanchéité. Le rôle de cette cloison étanche est important chez le plongeur au moment de la décompression. En effet le sang chargé de  bulles arrive à l'oreillette droite, est chassé ensuite dans le ventricule droit pour être enfin expulsé à travers le poumon qui fait office de filtre. C'est à ce moment-là que l’azote est évacué à l'extérieur. Après avoir traversé le poumon, le sang, débarrassé de ses bulles, du moins des plus importantes, est dirigé sur l'oreillette gauche, qui de la même façon l’expulse  dans l e ventricule  gauche agissant comme une pompe puissante pour chasser le flux sanguin dans tous les vaisseaux de l'organisme et assurer ainsi l’alimentation en oxygène de tous les tissus avant le retour du sang vers le coeur droit. Durant ce périple il va se charger  en bulles d'azote plus ou moins importantes qui finiront  leur vie, piégées dans le poumon. Si par hasard une communication existe entre le coeur droit et le coeur gauche, en l'occurrence au niveau des deux oreillettes, on comprend aisément que le sang encore chargé de bulles  d'azote puisse repartir dans la circulation artérielle gauche (grande circulation) sans être passé au préalable par le filtre pulmonaire. On assiste alors à l'arrivée éventuelle de grosses bulles qui sont réexpédiées dans la circulation artérielle en direction des différents organes. Ces bulles déjà grosses, sont susceptibles de s'enrichir encore en azote lors de leur deuxième passage et de devenir de véritables manchons gazeux capables parfois d'obstruer de petits vaisseaux, entraînant dans la zone concernée un blocage des échanges en oxygène. On comprend que tout  plongeur qui possède un foramen ovale perméable a une décompression « différente » et que celui-ci doit tenir compte de cette « anomalie », banale certes, mais capable de générer des modifications lors de la décompression. Il existe différents degrés de perméabilité au niveau de cet orifice. Même si on admet qu’un  plongeur sur quatre présente cette particularité il faut toutefois pondérer notre réflexion en sachant que certains de ces orifices ne laisseront passer le sang du côté droit vers le côté gauche que sous certaines conditions telles qu’un effort, une manœuvre de Valsalva, un profil yo-yo… Il existe des méthodes pour tenter de dépister les foramen ovale mais  la plupart du temps ces méthodes sont relativement complexes à réaliser et restent plutôt réservées aux plongeurs ayant présenté des problèmes lors d'une décompression ant érieure. Beaucoup de plongeurs heureusement possèdent un foramen ovale peu perméable ce qui limite en ce sens les risques d'embolisation gazeuse du sang gauche. Cependant la fréquence de cet élément doit être prise en compte dans l'utilisation des méthodes de décompression. Faute de connaître les plongeurs porteurs de ce vestige embryonnaire il paraît logique d'adapter les modélisations mathématiques de décompression à cette éventualité. Les algorithmes récents prendront en compte ce cas de figure afin de limiter au maximum le risque lors de la décompression. Pendant de longues années ce phénomène  était le plus souvent oublié ou négligé.  Les études d'accidents de décompression « immérités » a débouché sur une meilleure connaissance de l'anatomie et de la dynamique circulatoire lors des activités de plongée. Il n'est plus possible désormais d'ignorer cet état de fait tout comme un plongeur averti doit comprendre pourquoi des modifications dans les procédures de décompression sont actuellement proposées dans les ordinateurs les plus performants. Le foramen ovale ne peut pas être considéré comme une  véritable anomalie mais seulement comme une particularité anatomique, vestige de l'embryologie cardiaque humaine. C’est seulement dans le cadre des activités subaquatiques qu'il importe d'en tenir compte. Une meilleure adaptation des modèles de décompression accroît  la sécurité des plongeurs concernés.

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