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Boissons et plongée

 Boissons et plongée

Boissons et plongée

 

Dans le numéro 56 de Plongeurs International, Stéphanie Clément-Grancourt aborde avec le Dr Struye le sujet des boissons chez le plongeur. Découvrons ensemble , si ce n’est déjà fait dans le magazine, ce qu’elle écrit autour de ce thème.

 

Les vacances sont là ! Il fait beau, il fait chaud et, comme chaque année, tous les plongeurs sont sur le pont pour s’adonner à leur activité favorite. Pour passer un été en pleine forme, quelques règles de base sont à respecter : une alimentation saine et équilibrée bien sûr mais également une parfaite hydratation du corps. Loin de nous l’idée d’évoquer ici les couches de crème à étaler régulièrement pour éviter les coups de soleil. C’est bien de boissons et plus particulièrement d’eau dont nous parlons.

 

Le corps humain, faut-il le rappeler, a besoin d’eau pour vivre. De beaucoup d’eau. Le médecin hyperbare que nous avons questionné, le docteur Michel Struye, plongeur lui-même, nous rappelle que « Le corps est une machine biologique qui a besoin d’une hydratation de base pour assurer la vie de ses cellules ». « En moyenne, il est consommé un millilitre d’eau pour produire un kilocalorie d’énergie. » Pour un homme de 70 kilos, la dépense de fond quotidienne d’énergie s’élève en moyenne à 1600 kilocalories et les dépenses de fonctionnement avoisinent les 1000 Kcal/jour. Pour un sportif, cette dépense est presque multipliée par deux ou plus et chez le plongeur, les besoins en eau sont encore supérieurs à ceux d’un autre sportif. « La plongée entraîne une déshydratation obligée du corps », explique le docteur Struye. « Le corps est soumis à la pression hydrostatique. Il est en quelques sorte « comprimé » et l’eau qui se trouve dans les vaisseaux va, par excès de pression, se diriger vers les reins. D’où l’envie du plongeur de faire pipi ! ». Cette déshydratation chronique peut avoir des conséquences néfastes en cas d’accident de décompression (…qui n’arrive pas si on respecte les règles élémentaires de ce sport !). « Lors d’un accident de décompression, l’azote passe de l’état dissous à l’état gazeux et forme une bulle dont l’organisme va vouloir se débarrasser », explique le praticien. « Les plaquettes qui circulent dans le sang vont alors entourer cette bulle, formant ainsi une espèce de gangue, telle une écorce sur une orange. Si le plongeur est déshydraté, son sang va être plus concentré et le risque de coagulation intra-vasculaire sera donc plus fort. » Pour prévenir ce type de risque, le plongeur doit boire jusqu’à plus soif et même au-delà ! « La soif ne couvre que 75% environ des besoins réels du corps humain », souligne le docteur Struye. Le plongeur doit donc boire au delà de ses envies et être en état de surhydratation avant la plongée. « Il n’existe pas de recette pour déterminer quelle est la bonne quantité de boisson pour chaque individu », rappelle le docteur Struye. « Cela dépend de nombreux paramètres : température ambiante,  taille et  poids du plongeur,  l’équipement utilisé, effort réalisé… Mais on peut dire qu’il faut boire environ 25 à 30 centilitres toutes les demi-heures environ. » Un plongeur prudent commencera donc sa journée par exemple vers 8 heures avec un grand bol de lait, de thé ou de café léger, accompagné d’un verre de jus de fruit. Avant de monter sur le bateau, vers 8h45, il boira un grand verre d’eau et il fera de même un quart d’heure avant de plonger. « S’il veut conserver un volume liquidien convenable, il devra renouveler les prises hydriques selon les plongées programmées », ajoute le docteur Struye. « Il sera sûr alors de plonger dans de meilleures conditions ».

Plusieurs signes peuvent accompagner la sensati on de soif. La bouche sèche, des urines concentrées, une constipation passagère voire même une sensation de fatigue peuvent être le signe que le corps a besoin d’eau. Et comme il y a peu de risque à trop boire, il est également recommandé de boire sans attendre le signal de la soif.

 

Autre règle de base pour une bonne hydratation, le choix des boissons. « Sur un bateau de plongée, on trouve souvent toute sorte de boissons, jus de fruits, thé, café… Mais il ne faut pas oublier que la meilleure boisson pour le plongeur, c’est l’eau ! » s’exclame notre médecin.

De par la simplicité de sa constitution, l’eau permet une réhydratation rapide des tissus. Elle doit être consommée à une température idéale d’environ 15 degrés pour faciliter son absorption et sans limite stricte en terme de quantité. Pour les autres boissons, tout est question de modération et de bon sens. Il est, par exemple, parfaitement envisageable de consommer régulièrement du jus de fruit à condition qu’il soit naturel. Les jus industriels, saturés en sucre rapide, sont ,eux, déconseillés en grande quantité. « Les plongeurs qui craindraient une baisse de forme avant ou après la plongée, peuvent tout à fait se préparer « une ration d’attente », conseille le docteur Struye. « Le mélange est simple : 10 à 20 grammes de fructose dans un litre d’eau par exemple ». Parmi les autres boissons que l’on trouve régulièrement sur un bateau de plongée, le thé et le café ne présentent aucun risque pour le plonger à condition, là encore, d’être consommés avec modération. « Un plongeur qui va avaler un litre et demi de café pour se réveiller doit savoir que cela peut avoir des effets gênants sur son organisme », rappelle le médecin. « L’excitation provoqué par le café peut par exemple lui donner le sentiment d’être faussement en forme et lui faire surestimer ses capacités. » Sans retomber dans l’enfance, le lait peut, de par sa nature anti-acide, avoir un effet bénéfique sur la récupération musculaire.

 

Certaines boissons sont fortement conseillées, d’autres sont tolérées, quelques-unes sont à proscrire et leur consommation pourraient presque constituer une contre-indication à la plongée. Parmi les plus bénignes, les boissons gazeuses qui peuvent provoquer des barotraumatismes digestifs. « Le gaz contenu dans ces boissons va jouer le trouble-fête », explique le docteur Struye. « Il va être soumis à des variations et son volume va augmenter à la remontée. Cela ressemble aux coliques du Scaphandrier. ». L’alcool se révèle formellement interdit pour le plongeur et ce pour plusieurs raisons. Il possède  un effet hypoglycémiant qui peut se révéler dangereux, notamment dans des plongées en eau froide. Lors d’un accident de décompression, il va favoriser la formation de la bulle d’azote par ses propriétés tensio-actives. Il a aussi un effet perturbateur sur certaines hormones, notamment les hormones diurétiques, responsables de l’évacuation des liquides. Enfin, et c’est sûrement à ce niveau-là qu’il représente le plus de danger, l’alcool modifie le comportement du plongeur qui se trouve désinhibé et investit d’un pouvoir qu’il n’a pas. La « narcose » dès la surface ne vaut pas mieux que l’ivresse des profondeurs !

« Même un alcool « léger », une bière, un punch ou un verre de rosé, pour si  tentant qu’il soit entre deux plongées, représente un danger potentiel pour le plongeur. », insiste le docteur Struye. « Même à la fin de la journée, il est recommandé de patienter un peu avant de boire un verre d’alcool pour laisser au corps le temps d’éliminer un maximum de l’azote qui sature ses tissus. »

 

Sans tomber dans une sobriété à toute épreuve, on comprendra que le rôle d’une boisson, avant ou après une plongée, participe pleinement à la réussite de l’activité .

Vous reprendrez bien un petit verre… D’eau évidemment 

 

 

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