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Vous devez subir une intervention sous anesthésie locale. En quoi cela consiste-t-il ? - Le site du Docteur Marie Laure PINEAU - Docvadis

Vous devez subir une intervention sous anesthésie locale. En quoi cela consiste-t-il ?

L’anesthésie locale est couramment utilisée pour des interventions superficielles sur la peau, pour des soins dentaires ou encore pour la chirurgie ophtalmique. Elle peut être pratiquée également pour des biopsies (prélèvement) à visée diagnostique dans les secteurs de radiologie interventionnelle. Vous êtes éveillé pendant la réalisation du geste chirurgical mais vous ne ressentez pas de douleur au cours de l’intervention.

Qu’est-ce qu’une anesthésie locale ?

L’anesthésie locale consiste à « endormir » une petite zone du corps dans laquelle doit avoir lieu une intervention chirurgicale par une injection d’un médicament appelé anesthésique local. La zone devient alors insensible à la douleur. L’anesthésie locale n’a aucun effet sur la conscience ni sur la respiration. Elle agit localement en interrompant la transmission de la sensation de douleur par les nerfs. Elle est utilisée pour des interventions de courte durée et concernant une zone très limitée de la peau. Une fois l’injection d’anesthésique local réalisée par l’opérateur, la sensibilité à la douleur disparaît progressivement. La partie endormie paraît comme ankylosée. Vous pouvez garder la sensation que l’on vous touche mais vous ne ressentez pas de douleur.

Comment est-elle réalisée ?

Pour bloquer la conduction nerveuse, le produit anesthésiant doit être déposé près des structures nerveuses. Cela se fait par une injection dans la peau, dans les muqueuses (gencives) ou dans les yeux par exemple. Pour les interventions très superficielle sur la peau, l’anesthésie peut être réalisée par l’application d’un médicament qui sera absorbé, à l’aide d’un patch, d’un gel, d’une crème ou encore d’un spray, sur la zone où doit avoir lieu l’intervention.

L’injection d’anesthésique est-elle douloureuse ?

Certaines zones sont en effet plus sensibles que d’autres et il se peut que la piqûre soit un peu douloureuse, mais cela ne dure que quelques instants. L’injection peut provoquer une légère sensation de brûlure qui disparaît, elle aussi, rapidement. Quand l’anesthésie est réaliséepar l’application d’un gel, d’une crème ou d’un patch, elle n’est absolument pas douloureuse.

Est-elle rapidement efficace?

L’anesthésie pratiquée par injection agit en quelques minutes. Quand il s’agit de crème ou patchs, il faut attendre un peu plus longtemps, 1 à 2 heures environ. L’insensibilité persiste en général entre 1 et 12 heures, cela dépend toutefois du produit utilisé. Si la douleur réapparaît pendant l’intervention, vous devez en faire part au médecin qui procèdera alors à une nouvelle injection. La quantité d’anesthésiant appliqué ou injecté est très faible, ce qui explique que les effets de l’anesthésie disparaissent rapidement.

Certaines personnes sont-elles résistantes à l’anesthésie ?

En effet, les études ont montré que dans 1 à 10 % des cas, l’anesthésie locale agissait insuffisamment. Il est alors possible d’augmenter la dose injectée, ou si cela est nécessaire, de procéder à une anesthésie générale. Il faut savoir qu’une anesthésie locale agit moins bien quand les tissus sont inflammatoires (irrités), par exemple par une infection.

Des complications sont-elles possibles ?

Une allergie au produit anesthésiant peut survenir mais elle est exceptionnelle. Elle peut être bénigne, se manifester par une urticaire, mais peut aussi prendre la forme d’une crise d’asthme, ou plus grave, d’un œdème de Quincke (œdème de la face et du cou) ou d’un choc dit anaphylactique (chute de pression artérielle). Si cela vous arrive, vous devrez garder dans votre dossier une trace de cette allergie pour que le même produit ne vous soit pas réinjecté. Parfois l’anesthésie provoque un malaise vagal (sueurs, pâleur et baisse de la fréquence cardiaque) lié plutôt à une angoisse de l’injection ou de l’intervention qu’à une véritable réaction à l’anesthésie. Le produit utilisé pour l’anesthésie peut êtreassocié à un médicament vasoconstricteur (qui resserre les vaisseaux sanguins et empêche la résorption trop rapide du produit) et qui peut lui-même être à l’origine de palpitations. Enfin, il se peut que l’effet de l’anesthésie ne se dissipe pas rapidement et que la zone anesthésiée reste insensible pendant plusieurs heures, voire 2 - 3 jours, mais cela est exceptionnel. Dans tous les cas, vous serez surveillé médicalement après la réalisation du geste chirurgical avant de pouvoir regagner votre domicile.

Y a-t-il des contre-indications à l’anesthésie locale ?

La principale contre-indication est la connaissance d’une allergie au produit anesthésiant. Une infection de la peau à l’endroit où l’injection devrait avoir lieu peut parfois la contre-indiquer aussi. Dans certains cas de patients très anxieux ou agités, l’anesthésie locale peut poser des problèmes et le chirurgien sera tenté de proposer un autre type d’anesthésie. Certaines personnes refusent l’anesthésie locale et préfèrent « être endormies ».

Comment se passe l’anesthésie locale au cours de la chirurgie de l’œil ?

Au cours de la chirurgie ophtalmique, l’anesthésie peut être réalisée de plusieurs façons. Il peut s’agir d’application locale d’un collyre anesthésiant, pour le retrait d’un corps étranger par exemple, ou pour certaines opérations de cataracte, mais aussi de l’injection d’un anesthésiant autour du globe oculaire (péribulbaire), ou derrière le globe oculaire (rétrobulbaire).

L’anesthésie locale est la plus simple des anesthésies. Toutefois, elle ne convient pas pour tous les types d’interventions. Elle doit parfois être complétée par une anesthésie loco-régionale, voire générale, si la situation l’exige. Elle peut aussi être complétée, dans certaines conditions, par de l’hypnose.

Centre de Santé Louis Pasteur

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