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La bilharziose : je m’informe sur la maladie

Il n’est plus rare de voir progresser en France les maladies parasitaires tropicales. Parmi elles, la bilharziose inquiète les autorités de santé après le diagnostic d’une dizaine de cas d’infection suite à des baignades en eaux douces dans le sud de la Corse. Ces cas ont motivé la mise en place d’un plan d’action de lutte contre ce parasite : alerte sur les risques, dépistage des personnes à risque et prévention des réensemencements.

 

Qu’est ce que la bilharziose ?

Il existe plusieurs formes de bilharzioses les formes uro-génitales et intestinales étant les plus fréquentes. 

La bilharziose, également connue sous le nom de schistosomiase ou schistosomose, est une infection parasitaire due à un vers appartenant au genre Schistosoma. Les larves de vers, libérées par un escargot hôte (le bulin) vivant dans l’eau, pénètrent chez l’homme en se frayant un passage à travers la peau lors du contact avec une eau douce infestée (baignade, marche dans un lac, une rizière…). L’incubation dure 1 à 12 semaines, avant que les premiers symptômes n’apparaissent, mais le plus souvent l'infection est asymptomatique et passe inaperçue. 

Dans quelles régions est-ce que je risque de rencontrer ce parasite ?

La bilharziose sévit dans les régions tropicales et subtropicales. 90 % des cas se produisent en Afrique, mais on trouve aussi la maladie en Amérique latine, notamment au Brésil, aux Caraïbes, en Chine, au Japon, en Corée, aux Philippines, en Indonésie, au Laos et au Cambodge. 

En France, la majorité des cas de bilharziose sont diagnostiqués chez des touristes, des expatriés et des migrants en provenance de zones endémiques. 

Des cas très localisés sont cependant identifiés sporadiquement en Corse, où les médecins disposent d’informations actualisées sur les risques, variables selon les rivières et les années. Certaines personnes peuvent porter la maladie sans présenter de symptômes et donc rejeter le parasite dans leurs urines. L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) recommande de ne pas uriner dans l’eau des plans et cours d’eau afin de ne pas initier ou pérenniser la transmission du parasite et d’interrompre son cycle. 

Quels sont les symptômes d’une infection par la bilharziose ?

Les larves de bilharziose traversent la peau et peuvent être à l’origine de réactions cutanées du type rougeur et prurit. Dans les cas symptomatiques, deux à douze semaines plus tard apparaissent un ou plusieurs symptômes : fièvre, éruption cutanée, troubles digestifs, signes pulmonaires. 

La migration des larves provoque la plupart des symptômes initiaux. Les vers devenus adultes pondent des œufs excrétés dans les selles ou les urines. 

Quelles sont les conséquences d'une bilharziose ?

Des complications intestinales, pulmonaires et neurologiques sont possibles pendant la phase d'invasion. Puis des vers seront piégés dans l'organisme et provoquent des lésions dans l'organe atteint (vessie, foie, intestin essentiellement). 

Etant souvent initialement asymptomatique, l’infection peut passer inaperçue. Or si elle n'est pas traitée au début, elle peut avoir des manifestations et des conséquences graves, différentes selon la forme de bilharziose :

  • Bilharziose urogénitale : apparition de sang dans les urines, fibrose de la vessie et de l'urètre, lésions rénales, stérilité et, à un stade plus avancé, cancer de la vessie.
  • Bilharziose intestinale : douleurs abdominales, diarrhée, sang dans les selles, augmentation du volume du foie et de la rate, hypertension au niveau de l'abdomen suivie de complications sévères.

Comment me protéger efficacement contre la bilharziose ?

Le seul moyen de se protéger contre l’infection est d’éviter tout contact avec l’eau douce sur un sol humide ou les étendues d'eau stagnante ou à faible courant, dans les régions où la maladie est présente. 

Existe-t-il un traitement contre ce parasite ?

Un seul antiparasitaire est efficace contre l’ensemble des bilharzioses humaines. C’est un médicament simple à administrer (une ou deux prises sur un jour en comprimés), efficace, généralement bien toléré et peu coûteux.

Quel sera le suivi de mon infection ?

La surveillance post-thérapeutique associe une série de contrôles réguliers pendant plusieurs mois. La guérison d'une bilharziose ne peut être affirmée qu'après examen des urines ou des selles et réalisation de prises de sang avec tests biochimiques. 

Puis-je avoir des séquelles après guérison ?

Vous ne souffrirez d'aucune séquelle si l'infection est dépistée en phase précoce et traitée correctement. 

Des séquelles peuvent persister selon l'ancienneté et la gravité des lésions. Un traitement chirurgical peut alors être proposé, notamment en cas d'atteinte du système urinaire, hépatique ou cérébral. 

Quel est l’objectif du diagnostic ?

Les personnes infectées bénéficient d'un traitement et d'un suivi. Tous les cas d’infection sur le territoire français sont transmis aux Agences Régionales de Santé (ARS)  afin de favoriser la lutte contre ce parasite. 

Le dépistage a plusieurs objectifs :

  •  repérer au plus tôt les personnes infectées afin de leur administrer un traitement curatif,
  • prévenir le développement d’éventuelles complications suite à l’infection,
  • recenser le nombre de cas autochtones afin d’observer l’ampleur de l’épidémie et déceler les foyers d’infection,
  • interrompre la chaîne de transmission du parasite sur le territoire national.
La bilharziose sous ses différentes formes touche près de 200 millions de personnes dans le monde, en majorité les enfants. Il s’agit de la deuxième maladie parasitaire la plus répandue, après le paludisme.

 

 

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