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Je comprends l’action des traitements de fond de la polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est la forme la plus fréquente de rhumatisme inflammatoire. Elle affecterait environ 300 000 personnes en France, principalement des femmes. La connaissance des dysfonctionnements de l’organisme impliqués dans la maladie est à l’origine des traitements dits de fond qui permettent de freiner son évolution.

Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique qui survient le plus souvent entre 40 et 50 ans et évolue généralement sur quelques dizaines d'années. Elle se caractérise par une inflammation de la membrane qui entoure et protège les articulations (la membrane synoviale). Les articulations principalement touchées sont celles des mains, des poignets et des pieds, mais d’autres articulations comme celles des coudes, des genoux et des épaules sont parfois également atteintes. En général, les deux côtés du corps sont affectés de manière symétrique. 

Cette inflammation provoque une douleur, le gonflement de l’articulation puis une lente dégradation des cartilages et des os, à l’origine d’une déformation et d’une perte de mobilité de l’articulation. 

La maladie est souvent source de fatigue et peut induire des lésions en dehors des articulations, provoquant une sécheresse buccale et oculaire (appelée « syndrome sec »), des difficultés respiratoires, des manifestations cutanées, etc.

Quels sont les dysfonctionnements à l’origine de ma maladie ?

La polyarthrite rhumatoïde est maladie multifactorielle. Toutefois, l’origine exacte de la maladie reste inconnue On évoque des facteurs psychologiques, hormonaux, environnementaux (tabac, infection, alimentation) et génétiques, de même que leurs interactions. Ainsi, une personne prédisposée génétiquement qui fume un paquet de cigarettes par jour pendant 20 ans, verra son risque de développer la maladie multiplié par 30 à 40.

La polyarthrite rhumatoïde fait partie des maladies dites « auto-immunes » caractérisées par une réaction immunitaire inappropriée du corps, qui produit des molécules, les anticorps, qui « attaquent » ses propres constituants. La réaction inflammatoire initiale est amplifiée par les lésions et les débris qu’elle produit qui, à leur tour, provoquent une réaction immunitaire. La maladie est alors caractérisée par la présence de cellules typiques de la réaction immunitaire, les lymphocytes T et les lymphocytes B, et d’autres substances actives (enzymes, radicaux libres) qui occasionnent des lésions du cartilage et des os de l’articulation. En outre, des messagers chimiques appelés cytokines (facteur de nécrose tumorale, TNF alpha, ou interleukines) interviennent également dans les phénomènes d’inflammation et d’érosion.

Comment agissent les traitements de fond de la polyarthrite rhumatoïde ?

Alors que les traitements dits symptomatiques de la polyarthrite rhumatoïde tentent de diminuer les symptômes, principalement l’inflammation et la douleur, les traitements dits de fond essayent de freiner l’évolution de la maladie et de prévenir la destruction osseuse. 

Ce sont principalement des traitements qui contrôlent la réponse immunitaire. Plusieurs molécules immunosuppressives sont disponibles et sont éventuellement associées dans les traitements de fond classiques de la maladie. En outre, les recherches sur les mécanismes de la réponse immunitaire ont permis le développement d’une nouvelle classe de médicaments, très ciblés, les biomédicaments. Il s’agit de molécules produites par des organismes vivants (d’où le « bio » de leur nom), qui inhibent de manière spécifique une cellule ou une substance impliquée dans la réaction inflammatoire. Les traitements ciblent les cytokines, plus particulièrement la cytokine TNF alpha (anti-TNF) ou l’interleukine 6. D’autres médicaments inhibent les lymphocytes B ou T (par exemple les anti-CD20).  

Enfin, de nouvelles biothérapies administrées par voie orale, et non par injection, peuvent désormais être prescrites. Néanmoins, ces thérapies très onéreuses sont généralement réservées aux formes de la maladie les plus graves ou résistantes aux traitements classiques. 

L’action des traitements de fond n’est pas immédiate et demande des semaines ou des mois de suivi. Les traitements présentent des effets indésirables et nécessitent une surveillance étroite, régulière et spécialisée. Comme ils agissent en diminuant la réponse immunitaire, le risque que des infections soient favorisées par cette immunosuppression représente le principal problème.

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