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Témoignage de Catherine : je me retrouve après mon cancer

Souffrant d’un cancer des ovaires, Catherine directrice d’école, a subi une opération chirurgicale et une chimiothérapie. Après la chirurgie, il lui a fallu du temps et un accompagnement adapté pour accepter son nouveau corps. Voici son témoignage.

Une transfusion de sang peut vous être proposée suite à un accident ou à une intervention chirurgicale, ou encore après une chimiothérapie.

 

« J'ai d'abord eu une opération, une laparotomie, puis au bout d'un mois on a enchaîné sur une chimiothérapie, durant un cycle de cinq mois.

J’ai vécu très difficilement la modification de mon corps, parce que même quand on s'y attend, on n’est pas vraiment prêt. On m'avait précisé que si les tumeurs étaient trop grosses ou cancéreuses, il y aurait une laparotomie, mais "laparotomie" ce n'est qu'un mot. Ce n'est pas ce que l'on voit. Ce n'est qu'après, quand vous voyez votre corps avec cette grande cicatrice de 45 cm que vous prenez vraiment conscience, pour une femme c'est quelque chose de difficile. Et après, il faut tout réapprendre, cela modifie énormément votre caractère. »

Apprivoiser ce nouveau corps

Sur les conseils de son psychologue, Catherine a suivi une cure post-cancer qui l’a aidée sur le plan physique et mental afin de penser à l’avenir indépendamment de la maladie.

« C’est mon psychologue qui m’a dit d’aller faire une cure post-cancer et cela a été une très bonne chose pour moi. J’y ai suivi différents soins dermatologiques pour ma cicatrice, cela a duré trois semaines.

On y côtoie beaucoup de gens, avec toutes sortes de pathologies, donc le regard des autres sur vous n'est pas du tout le même. Cela m'a permis d'enlever mon turban, de me promener dans la rue sans le regard des autres sur ma maladie. J'ai beaucoup relativisé par rapport à ma grosse cicatrice quand j'ai vu des grands brûlés là-bas. Ils doivent souffrir beaucoup plus que moi. C'est vrai que je ne pourrais jamais plus me remettre dans en maillot deux pièces, par exemple, mais je me dis "c'est bien, je suis bien, je suis là." »

Se retrouver pour avancer

Catherine sait qu’elle a eu de la chance d’être soutenue par sa famille, ses amis, les parents d’élèves, mais elle a aussi eu besoin d’être seule.

« J’ai apprécié être seule pendant trois semaines. Je me suis posée personnellement. Cela est important pour réfléchir à son devenir, pour regarder un peu en arrière aussi. Je n’ai retenu que le positif, c'est-à-dire tous les progrès que j'ai pu faire. Pas le reste, c'est quelque chose qu'il faut balayer complètement.

On balaye le fait qu'on a des douleurs parfois, qu'on n'est plus comme avant. Par exemple que quand j'essaye de mener une vie dite " normale " avec des efforts normaux, je sais que le lendemain je suis obligée de rester allongée, or ce n'était pas du tout dans mon caractère et dans ma manière de vivre. J'étais une personne très active, très impatiente, donc j'ai appris la patience, j'ai appris à équilibrer les choses. A toute chose négative j'essaye d'apporter quelque chose de positif.

Le suivi avec le psychologue a été important car pour moi c'était un tiers qui intervenait pour des choses que je ne voulais plus que ma famille assure et aussi pour m'aider à me retrouver. 

Même si on discute avec son conjoint, ou avec son entourage je crois qu'ils en prennent autant que nous-mêmes, si ce n'est plus. Parce que des fois ils doivent se sentir complètement impuissants et ça n'est pas facile à gérer. à un moment je ne voulais plus qu'ils supportent cela, donc je me suis dit là il est temps, ils ne peuvent pas être mon seul secours. C'est à moi de faire le nécessaire. »

Penser à l’après-cancer

« Aujourd’hui, je sais que rien n'est infaillible, que tout peut basculer du jour au lendemain, qu'il faut garder cela au-dessus de la tête. Je vais essayer de réaliser ce que j'aurais fait peut-être à la retraite parce que je n'avais pas le temps de le faire actuellement.

Une simple petite balade, voir le soleil, sentir le vent sur mon visage, ce sont des choses que j'ai appris à faire, qu'on ne fait plus dans nos sociétés actuellement parce que tout va trop vite et on ne prend plus le temps. Quand j'ai mal, je relativise, je me dis je suis là, je suis présente, je vois mes enfants, je vois mon mari, je vois d'autres personnes. Maintenant, je vais essayer de réaliser des choses que j'aimerais faire, que j'aurais aimé faire, que je n'ai pas eu le temps de faire. »

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