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Témoignage de Jean-Philippe : il trouvé les ressources pour accepter le VIH - Le site du Docteur Christian OMER - Docvadis

Témoignage de Jean-Philippe : il trouvé les ressources pour accepter le VIH

Témoignage de Jean-Philippe : il trouvé les ressources pour accepter le VIH

Lorsque Jean-Philippe a appris son infection, il a eu besoin de faire le vide autour de lui. Il a réorganisé ses priorités pour profiter de la vie. Voici son témoignage.

« C'était une sorte de défi avec un ami, on s'est dit qu'on allait faire le test ensemble. Cela faisait longtemps qu’on avait des doutes parce qu'on avait eu des vies sexuelles assez mouvementées. Et c'est comme cela que j'ai appris que j'étais séropositif et lui a appris qu'il était séronégatif.

C'était dans un centre gratuit et anonyme. Ca s’est bien passé, je suis resté un petit peu immobile, je ne savais pas comment réagir. J'avais une certaine pudeur à ce moment-là.

Cela n’a cessé de murir dans les jours qui ont suivi. J’ai rejoint mon ami et on a parlé. Il est resté proche de moi toute une journée et j'ai craqué seulement en fin de journée, parce que je crois que j’avais vraiment besoin de temps pour réaliser. Je suis passé par plusieurs stades d'émotion à ce moment-là. J'ai tout de suite jeté un autre regard sur la vie, j'ai pensé à la mort, même si, bien sûr, c'était en 2006 et je savais que le VIH ne signifiait plus automatiquement la mort. Mais c’est une idée qui m’est venue tout de suite. »

Annoncer l’infection à son entourage

Avant d’annoncer sa séropositivité à son entourage, Jean-Philippe s’est replié sur lui-même. Il a eu besoin d’assimiler seul cette nouvelle avant de pouvoir en parler.

« Au début je ne l’avais pas dit à ma famille, je ne l’ai dit qu’après. Je crois que c'est quelque chose qui se gère seul. Quand bien même on se trouve parfois face à des gens qui sont pleins de bonnes intentions, c'est une sorte de palliatif, mais ce n'est pas très efficace. A ce moment-là se retrouve face à soi-même, face à son passé et face à la vie qu'on a menée.

Je suis resté très longtemps sans voir mon entourage, sans voir mes amis, cela a duré deux mois. J’avais besoin de faire le vide. C'est très difficile de parler de cela à des gens, alors je suis allé dans un groupe de parole pour rencontrer d’autres séropositifs. Ca m’a permis de me détacher de l’image de victime, cela m’a beaucoup aidé. »

La difficulté de prendre un traitement

Jean-Philippe a longtemps refusé de prendre un traitement. C’est lorsque sa charge virale est devenue trop importante qu’il s’y est résolu.

« J’ai pris un traitement à partir du mois d’août 2008, donc je suis resté deux ans sans traitement. Je faisais des bilans tous les trois ou quatre mois et je vivais dans l’angoisse des résultats. Je ne voulais pas prendre de médicaments et avec le recul, je ne sais pas pourquoi j’avais pris cette décision. On a repoussé longtemps le début du traitement, mais au bout d’un moment on ne pouvait plus, la charge virale était trop importante.

Depuis il m’arrive très rarement d’oublier mon traitement. Je me suis habitué, mais il y a toujours une lassitude, de l’énervement et du dégoût quand je dois le prendre. Je ne l’ai jamais vraiment assimilé. Je l’avale et je passe vite à autre chose.

Mon corps aussi a évolué car j’ai fait la bêtise d’arrêter le sport quand j’ai commencé mon traitement. J’ai donc vu ma silhouette changer. Comme j’ai eu des lipodystrophies au niveau du visage, j’ai dû faire des injections parce que je ne voulais pas porter les stigmates caractéristiques du VIH.»

Un changement profond

Selon Jean-Philippe, le VIH a profondément changé sa personnalité et l’a rendu plus optimiste.

« Je ne personnalise pas forcément le virus, mais je le vois quand même comme un changement de vie. J'ai senti à ce moment-là quelque chose d'irrémédiable, je passais de l'autre côté. J'ai toujours côtoyé des séropositifs et pendant longtemps j'ai été le seul séronégatif, cela devenait presque l'inverse j'avais vraiment le sentiment de passer de l'autre côté.

Je crois que le VIH a eu quelque chose de positif sur ma personnalité. J'ai l'impression d'être devenu un peu plus humain, de voir les choses d'une façon plus optimiste. Je suis plus gentil, plus sympathique, plus compatissant, plus généreux. Je pense que j'ai acquis certaines qualités. Je ne dis pas que je ne les avais pas avant, mais elles étaient peut-être moins en évidence et je pense que je suis devenu humainement quelqu'un de meilleur. Cela peut paraître bizarre, mais c'est comme si à ce moment-là j'avais vu les choses importantes de la vie. »

 

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