Service Oncologie Hématologie Immunodepression VIH
Suite à une greffe de cellules souches, pourrai-je avoir un enfant ? - Service Oncologie Hématologie Immunodepression VIH - Docvadis

Suite à une greffe de cellules souches, pourrai-je avoir un enfant ?

Les patients, ayant recours à une greffe dans le cadre du traitement d'un cancer du sang, peuvent s'interroger sur la possibilité d'avoir un enfant plus tard. Selon leur âge et le stade de leur maladie, ils peuvent disposer de mesures préventives pour préserver les cellules reproductrices, ou de solutions alternatives.

De quoi dépend la fertilité des hommes et des femmes ?

La fertilité des hommes et des femmes dépend de :

  • Leur vie sexuelle sous l'influence de leur fonction hormonale.

  • Leur fonction de reproduction.

Ces deux fonctions sont essentielles pour l’être humain et sont assurées par :

  • Les ovaires chez la femme.

  • Les testicules chez l’homme.

Ces organes sont responsables de la production des premières cellules de la vie : les ovules et les spermatozoïdes.

Pour les testicules chez l'homme, comme pour les ovaires chez la femme, chaque glande se compose de deux compartiments :

  • L’un assure la fonction hormonale.

  • L’autre assure la fonction de reproduction.

Chez l’homme :
La sécrétion de testostérone va donner ce que l’on appelle les caractères sexuels secondaires, c’est-à-dire la pilosité et les fonctions sexuelles.

Chez la femme :
Ses hormones (estrogènes et progestérone) seront responsables du développement mammaire (seins), du développement utérin, de la répartition graisseuse dans le corps, de la qualité de la peau et des fonctions sexuelles.

Comment le traitement anticancéreux peut-il impacter la fertilité ?

Pour lutter contre le cancer, les médecins utilisent des médicaments (chimiothérapie) éventuellement associés à la radiothérapie. Ces traitements peuvent altérer l’une ou l’autre des fonctions responsables de la fertilité : fonction hormonale et/ou fonction de reproduction.
De plus, ces mêmes médicaments sont utilisés lors d’une préparation à la greffe (appelée conditionnement).

En fait, il existe une problématique différente chez l'homme et la femme :

  • Chez l’homme :
    La première conséquence du traitement est la diminution de la fabrication des spermatozoïdes donc de la fertilité, et la deuxième est d’ordre hormonal.
    En fait, ces conséquences sur le plan hormonal sont peu importantes puisqu’il n’existe pas de modification des caractères sexuels secondaires chez l’homme.
    Par contre, il peut y avoir une baisse de la libido, se traduisant par une diminution des possibilités érectiles. Des consultations spécifiques peuvent être proposées pour régler ce problème.

  • Chez la femme :
    La problématique est un peu différente car il existe sur le plan hormonal des conséquences plus importantes. En effet, la mise au repos des ovaires induit une ménopause précoce avec des traitements qui pourront être proposés par la suite.
    Par ailleurs, le traitement anticancéreux diminue l’ovulation et de ce fait réduit le nombre d’ovules produits. Il y a donc une diminution de la fertilité.

Ce qu'il faut comprendre finalement : ce n’est pas la greffe de moelle osseuse qui induit une stérilité éventuelle, mais l’ensemble des traitements réalisés au préalable.
Le premier type de traitement est celui mis en place après le diagnostic de la maladie, et le second est le conditionnement défini par rapport à la greffe de moelle osseuse.

En fait, ces conditionnements peuvent être de différents types : soient très lourds soient légers, et donc mieux tolérés. Ainsi, le degré de stérilité va varier selon le type de conditionnement effectué.

Existe t-il des moyens pour préserver la fertilité ?

Pour les patients qui vont recevoir un traitement anticancéreux, il existe des techniques de préservation de la fertilité qui, si les conditions de traitement le permettent, pourront être mises en œuvre.

Pour l’homme :
Il s’agit de recueillir et de congeler des spermatozoïdes. Le recueil de sperme s'effectue par masturbation au laboratoire de biologie de la reproduction. Les spermatozoïdes sont congelés et ensuite stockés au CECOS (Centres d'Etudes et de Conservation des Oeufs et du Sperme), c’est-à-dire la banque du sperme.

Pour la femme :
C'est un peu plus compliqué, car les techniques de préservation de la fertilité sont plus récentes et restent difficiles à mettre en place. Il existe plusieurs possibilités :

  • Congeler un ovaire puis le stocker.
    Pour cela, il faut retirer l'ovaire par cœlioscopie avant la chimiothérapie. Ce dernier est congelé et stocké dans une banque de tissus ovariens.

  • Envisager la congélation des ovocytes et/ou des embryons, si la patiente est en couple.

Théoriquement, il est toujours possible de prélever des spermatozoïdes ou de prélever des ovaires. Cependant, dans la pratique, selon la maladie présentée et le degré d’urgence pour la mise en place du traitement anticancéreux, ces prélèvements seront réalisables ou non.

Comment cela se passe t-il après le traitement anticancéreux ?

Chez l'homme :
Une fois les traitements anticancéreux terminés, si les conditions sont requises et qu’il y a un projet de grossesse, on réalise en premier lieu une évaluation de la fertilité de l’homme par un spermogramme.
Si ce dernier ne présente pas de spermatozoïdes, l’homme est donc stérile. Dans ce cas, si le patient a pu congeler du sperme avant la chimiothérapie, on réutilise ses spermatozoïdes congelés dans le cadre d'une fécondation in vitro (FIV).

Chez la femme :
S’il s’agit d’une femmequi a pu bénéficier d’une technique de préservation de la fertilité avant le traitement du cancer et qui s’est avérée infertile après ceux-ci, on peut réutiliser ce qui aura été conservé :

  • Si l’on a pu congeler des embryons, il faut envisager le transfert de ceux ci dans l'utérus de la patiente.

  • Si l’on a congelé des ovocytes et que la patiente est en couple, on peut réaliser une fécondation in vitro avec les spermatozoïdes du conjoint. Ainsi, on obtient des embryons qui pourront ensuite être transférés dans l’utérus de la patiente.

Si l’on dispose d’un ovaire congelé, il peut y avoir 2 cas de figure :

  • S'il n’y a aucun risque de réintroduire la maladie, la greffe de cet ovaire peut être réalisée. Puis, on réalise une fécondation in vitro sur le tissu ovarien greffé.

  • S'il existe un risque inconnu ou réel de réintroduire la maladie, l’ovaire ne peut pas être greffé.

En pratique, les techniques utilisant des ovaires congelés sont difficiles à mettre en œuvre et restent encore rares à ce jour.
De nombreuses voies de recherche sont actuellement en cours, pour tenter d’obtenir des ovocytes in vitro c’est-à-dire en dehors du corps de la femme.

Quelles sont les solutions alternatives ?

Si vous ne disposez pas de prélèvements congelés (prélèvements avant le traitement anticancéreux) trois options sont possibles :

  • L’adoption.

  • Le don de sperme.

  • Le don d’ovocytes.

Pour ces trois projets, il y a nécessairement des délais d’attente dont il faudra tenir compte.

Ce n’est pas la greffe qui induit la stérilité mais c’est l’ensemble des traitements anticancéreux réalisés au préalable. Le degré de stérilité varie selon le type de traitement effectué.
Des techniques de préservation de la fertilité peuvent être mises en œuvre en fonction du degré d'urgence de la mise en place du traitement anticancéreux. N’hésitez pas à en parler avec l’équipe soignante, qui vous orientera vers les centres ou équipes spécialisées.

Hôpital Henri Duffaut


Hématologie Oncologie Immunodepression VIH, 305 Rue Raoul Follereau ,
84000 AVIGNON, France

Contacts

  • Fixe : 04 32 75 33 33
Plus d'informations (Accès, Horaire...)

Documents similaires

  • Je vais recevoir une allogreffe à conditionnement intermédiaire

    Un certain nombre de patients reçoivent une préparation à la greffe appelée : conditionnement d'intensité intermédiaire. Dans cette vidéo, le Docteur Bourhis vous explique en quoi cela consiste.

    Lire la suite
  • Je m'informe sur le greffe de moelle et la thérapie cellulaire

    Site de la Société française de Greffe de moelle et de Thérapie cellulaire (SFGM-TC) dont la mission est de développer les connaissances scientifiques sur la greffe de cellules souches hématopoïétiques et sur les nouvelles approches de la thérapie cellulaire impliquant ces cellules et leurs dérivés, et d’en améliorer les résultats. IMPORTANT : il est recommandé d’aller directement à l’Espace patient et donneur, où l’information destinée au grand public est présentée.

    Lire la suite
  • Je vais bénéficier d'une autogreffe dans le cadre de mon traitement anticancéreux

    L’autogreffe est un traitement qui permet d’aider à gérer l’aplasie profonde, qui est un des effets secondaires provoqué par un traitement anticancéreux intensif : chimiothérapie à haute dose associée ou non à une radiothérapie.

    Lire la suite
  • J'assiste au prélèvement et à une greffe de moelle osseuse

    Cette vidéo traite le sujet du don de moelle osseuse entre soeurs. Découvrez son déroulement : du prélèvement de moelle chez la donneuse jusqu’à la greffe chez la patiente. Le Pr Jouet explique les notions de compatibilité et de sécurité du donneur. Le Dr Boulanger vous informe sur le traitement de l’échantillon de moelle osseuse prélevée. Et, le Pr Yakoub-Agha vous expose en quoi consistent la greffe et le processus de domiciliation chez le patient.

    Lire la suite
  • Retour à la maison après une allogreffe : quelles précautions dois-je prendre ?

    Malgré la joie du retour à la maison après une allogreffe, il y a l'inquiétude de quitter la chambre protégée, la sécurité de l'hôpital, et d'avoir à affronter le monde extérieur. Cette sortie de l’hôpital est donc préparée avec l'équipe soignante. Des règles hygiéno-diététiques et d'autres conseils vous seront donnés, pour que cette période se passe le mieux possible.

    Lire la suite

Ce site n'a pas pour vocation de remplacer une consultation médicale