Docteur Philippe CADORET à VANNES (BRETAGNE - MORBIHAN 56) France

Dermatologie - Vénérologie
Conventionnement : Secteur 1
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Histoire naturelle du tatouage

Le tatouage permanent décoratif consiste en l’introduction de pigments minéraux ou végétaux sous l’épiderme à des profondeurs variables pour produire une coloration ou des dessins permanents. L’organisme réagit à la présence de ce matériel étranger sous la forme d’une réaction inflammatoire afin d’aboutir à sa dégradation complète. Ce processus dure toute la vie et des réactions, dite d’hypersensibilité aux pigments de tatouage, peuvent survenir dans des délais très variables. La popularité grandissante du tatouage auprès du grand public est responsable d’une multiplication de ces cas.  

Histoire naturelle du tatouage

 

Les altérations visibles induites par le tatouage surviennent dès le moment où les aiguilles du dermographe percent la peau. Les aiguilles traversent l’épiderme et atteignent le derme à une profondeur d’environ 1 à 2 mm.

Chaque piqûre entraîne une rupture des capillaires superficiels, ce qui fait apparaître une fine pellicule de sang à la surface de la peau que le tatoueur nettoie régulièrement. En l’absence de trouble de la coagulation, le saignement est très modéré et s’arrête rapidement. Un exsudat constitué de plasma et liquide tissulaire peut parfois persister quelques heures à travers les perforations cutanées toutes récentes. Une réaction inflammatoire douloureuse apparaît dès le début du tatouage. À la fin de la séance, la peau tatouée est érythémateuse (rouge) et œdémateuse (gonflée). Les orifices pilaires sont dilatés dans la région du tatouage, donnant un aspect « peau d’orange » caractéristique. Les tracés du tatouage sont marqués par une bordure surélevée érythémateuse pouvant s’étendre jusqu’à 1 cm en périphérie. Si des couleurs ont été appliquées, ces dernières masquent l’érythème (rougeur) inflammatoire développé au sein du tatouage. Les traits fraîchement dessinés sont marqués et les couleurs à la fin de la séance sont vives et propres donnant l’impression que la peau a simplement été peinte. Cet aspect si particulier est dû aux dépôts de pigment dans l’épiderme.

La réaction inflammatoire ne dure que quelques heures. Néanmoins, dans les 24 premières heures, le tatouage reste sensible spontanément avec une douleur comparable à un coup de soleil. L’œdème inflammatoire laisse place à un discret érythème ains i qu’une discrète induration sur les tracés du tatouage. Un véritable hématome sous-jacent est inhabituel mais peut être observé. Un exsudat sec obstrue les perforations et est palpable au toucher. Dans la semaine suivante, l’épiderme desquame progressivement, permettant l’élimination des pigments qui ont été déposés trop superficiellement. Il n’existe pas de vésicules (petites cloques) car l’épiderme a été littéralement perforé par les aiguilles du dermographe si bien que l’exsudat s’échappe facilement. Pendant cette période, des fragments d’épiderme pigmenté sont éliminés spontanément lors des soins du tatouage donnant l’impression au tatoué que « le tatouage s’en va ». La cicatrisation est habituellement complète en deux à trois semaines.

Durant le reste de la vie, le tatouage continue d’évoluer : les contours deviennent plus flous, les couleurs s’estompent. L’explication réside dans la « digestion » progressive des pigments par les cellules « qui nettoient » et qui migrent ensuite les ganglions locorégionaux. Les « cellules nettoyeuses » restantes se dispersent vers la périphérie du tatouage et sont responsables de l’apparente diffusion du pigment et des bordures moins nettes. Cependant, le rôle du tatoueur est également important dans la longévité du tatouage : un tatoueur inexpérimenté qui travaille trop une même zone peut être responsable d’une réaction croûteuse trop importante qui gênera la bonne cicatrisation ainsi qu’une perte importante de pigment ; un tatouage amateur ou fait trop rapidement est responsable de pigment mal placé. De même, le tatoué se doit de respecter un certain nombre de règles de soins pour obtenir un tatouage de qualité : nettoyage régulier à l’eau et au savon, application d’une pommade cicatrisante type dexpanthénol plusieurs fois par jour, éviction des expositions solaires, à l’eau salée ou chlorée, ainsi que les frottements. Il est aussi indispensable d ’éviter d’arracher les croûtes pour favoriser la cicatrisation. Enfin, l’exposition solaire chronique accélère les altérations du tatouage. Les tatoués sont habituellement au courant des effets néfastes du soleil sur les tatouages et les « grands » tatoués sont rarement des habitués des bains de soleil.

(Source : EMC 2010)

 

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http://www.ouest-france.fr/dangereux-pour-la-peau-le-tatouage-859569

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