Docteur Bernard Villaret

Médecine Générale
Conventionnement : Exercice hospitalier
Mon traitement actuel peut diminuer mes chances d’être enceinte : quelles solutions existent ? - Docteur Bernard Villaret - Docvadis

Mon traitement actuel peut diminuer mes chances d’être enceinte : quelles solutions existent ?

Le médecin vous a expliqué que le traitement dont vous allez bénéficier risque de compromettre vos possibilités futures d’être enceinte. Il vous a également informée que différentes méthodes de préservation de la fertilité existent et pourront vous être proposées comme le prévoit la loi française. Le choix de l’une ou l’autre (conservation d’ovocytes, d’embryons ou de tissu ovarien) est fonction de votre situation personnelle (âge, situation maritale, pathologie justifiant le traitement).

À quelles femmes s’adresse la loi sur la préservation de la fertilité ? 

Selon la loi française, toute femme dont la prise en charge médicale est susceptible d’altérer la fertilité, ou dont la fertilité risque d’être prématurément altérée, peut bénéficier du recueil et de la conservation de ses gamètes ou de ses tissus germinaux, en vue de la réalisation ultérieure, à son bénéfice, d’une assistance médicale à la procréation (AMP), ou en vue de la préservation ou de la restauration de sa fertilité (article L.2141-11 du code de la santé publique). La patiente doit donner son consentement écrit pour la conservation de ses ovocytes, embryons ou tissus germinaux. 

Quelles circonstances peuvent altérer ma fertilité ? 

Certains traitements comme une chimiothérapie contre le cancer, une radiothérapie ou certaines interventions chirurgicales peuvent altérer la qualité ou la quantité de vos ovocytes (on parle de réserve ovarienne) et donc diminuer vos chances futures d’avoir un enfant. L’importance de l’atteinte de la fertilité est difficile à prédire et dépend aussi d’autres facteurs comme l’âge, le type de chimiothérapie, la dose ou la localisation de la radiothérapie. D’autres indications de la préservation sont en train de se développer comme pour certaines maladies qui peuvent altérer elle-même la réserve ovarienne (endométriose ovarienne, pathologies autoimmunes).  Parfois simplement le retard à la mise en route de la grossesse induit par le temps nécessaire pour traiter la maladie  peut être responsable d’une baisse de la fertilité et justifier une préservation. Si de tels traitements sont envisagés, votre médecin vous aura prévenue de leur potentielle toxicité pour votre fertilité et vous aura informée des moyens de la préserver. 

Que va-t-on me proposer pour préserver ma fertilité ? 

Trois méthodes peuvent être envisagées pour préserver votre fertilité : la conservation d’ovocytes, d’embryons ou de tissu ovarien. Le choix de la technique dépend de la maladie qui a conduit à recourir à une préservation de votre fertilité, du type de traitement qui doit être mis en œuvre pour vous soigner, de l’urgence de ce traitement, et de la possibilité ou non de réaliser une stimulation ovarienne par traitement hormonal. Il dépend également de votre situation maritale : êtes-vous on non en couple ? 

En quoi consiste la conservation de mes ovocytes ? 

Le recueil et la conservation de vos ovocytes peuvent vous être proposés que vous ayez ou non un conjoint. Le traitement peut être débuté à n’importe quel moment de votre cycle menstruel.

La conservation de vos ovocytes nécessite un traitement hormonal préalable pour stimuler vos ovaires afin qu’ils produisent plusieurs ovocytes matures (prêts à être fécondés). Ces ovocytes sont ensuite recueillis par une ponction ovarienne sous anesthésie locale ou générale et immédiatement congelés. Ils sont plongés directement dans l’azote liquide à -196°C (technique de vitrification) où ils sont conservés jusqu’à leur utilisation.

Après le traitement de votre maladie (cancer par exemple), les ovocytes seront décongelés puis fécondés au laboratoire d’assistance médicale à la procréation (AMP) avec les spermatozoïdes de votre conjoint. Les embryons qui se développeront pourront ensuite être transférés dans votre utérus.  

Dans quels cas me proposera-t-on de conserver des embryons ? 

Si vous êtes en couple, il est possible de conserver, non plus certains de vos ovocytes, mais des embryons issus de la fécondation in vitro (FIV) de vos ovocytes avec le sperme de votre conjoint. La FIV est réalisée dans un centre d’AMP selon la technique habituelle.

Après stimulation de vos ovaires, les ovocytes matures sont prélevés par ponction ovarienne sous anesthésie locale ou générale, puis fécondés in vitro avec le sperme de votre conjoint.

Une fois des embryons obtenus, ils seront vitrifiés (technique de congélation) et conservés à -196°C jusqu’à leur utilisation ultérieure.

Après votre maladie, un ou plusieurs embryons seront décongelés et réimplantés dans votre utérus. La présence et l’accord de votre conjoint seront alors obligatoires. 

Que se passe-t-il si je ne peux avoir une stimulation ovarienne ? 

Dans certains cas, l’urgence du traitement (anti-cancéreux) ne permet pas de procéder à une stimulation ovarienne ou celle-ci est contre-indiquée comme pour certaines pathologies hormonodépendantes (cancer du sein ou de l’endomètre). Il est alors possible de prélever dans les 24 à 48 heures des ovocytes immatures (sans stimulation hormonale) par ponction ovarienne sous anesthésie locale ou générale mais la récupération reste relativement aléatoire. Les ovocytes recueillis vont maturer in vitro pour 50 à 70 % d’entre eux. Les ovocytes matures sont ensuite congelés. Ils peuvent aussi être fécondés avec le sperme de votre conjoint avant de procéder à la congélation des embryons obtenus. La maturation in vitro d’ovocytes est possible mais donne de moins bons résultats que ceux obtenus avec des gamètes recueillis après stimulation ovarienne. 

En quoi consiste la conservation de tissu ovarien ? 

Le chirurgien prélève un fragment de tissu ovarien qui contient un grand nombre de follicules où se nichent des ovocytes immatures. La partie contenant les ovocytes est découpée en fins morceaux qui sont ensuite congelés et conservés à -196°C. Cette technique est particulièrement indiquée en cas de traitement très toxique pour les ovaires (irradiation pelvienne ou certaines chimiothérapies à fortes doses). Le prélèvement peut être effectué sans délai, quelle que soit la phase du cycle par coelioscopie sous anesthésie générale.

Après le traitement complet de votre cancer, un ou plusieurs de vos fragments ovariens seront transplantés dans le but de restaurer votre fertilité et vous permettre d’envisager une (ou plusieurs) grossesse(s) naturelle(s) ou médicalement assistée(s). Cependant la greffe n’est pas toujours possible en particulier s’il y a un risque de réintroduire la maladie initiale comme pour les leucémies ou d’autres cancers sanguins. Néanmoins dans quelques années il sera probablement possible de cultiver in vitro ces fragments ovariens pour obtenir des ovocytes matures. 

Toutes ces techniques ont-elles les mêmes taux de réussite ? 

Les différentes techniques de préservation de la fertilité  ne sont en aucun cas des garanties de grossesse. Elles permettent seulement d’augmenter les chances de conception pour des femmes dont la fonction ovarienne a été altérée.  

La congélation d’embryons est une technique bien rôdée qui se pratique depuis plus de 25 ans dans tous les centres d’AMP. C’est la méthode de préservation de la fertilité qui offre les meilleures chances de grossesses ultérieures.

La technique de recueil et de congélation des ovocytes a beaucoup progressé depuis une dizaine d’années et représente une bonne option pour beaucoup de femmes (notamment en l’absence de conjoint). Néanmoins les taux de grossesses restent plus élevés par embryon que par ovocyte décongelé car les embryons sont plus résistants.

La conservation de tissu ovarien est une technique encore au stade expérimental, avec des taux de succès limités bien qu’en constante progression. Une centaine d’enfants sont nés de par le monde suite à des greffes de fragments ovariens. 

Qui se charge de la conservation des gamètes ou des embryons ? 

Vos prélèvements sont conservés dans des centres ayant l’agrément pour la préservation de la fertilité.

Chaque année, votre centre s’assurera par écrit de votre volonté de poursuivre ou non la conservation. Les paillettes d’ovocytes, d’embryons ou de tissus ovarien peuvent être conservés toute au long de votre vie. En cas de séparation du couple, les embryons congelés lui appartenant seront détruits. 

Ces techniques sont-elles prises en charge par la sécurité sociale ? 

Le prélèvement et la congélation des ovocytes et du tissu ovarien ainsi que la congélation d’embryons sont pris en charge par l’assurance maladie après demande d’entente préalable.

Peut-on être amené à proposer une préservation de la fertilité chez un enfant ?

L’amélioration des soins en cancérologie offre souvent un bon pronostic aux enfants et aux jeunes patients. Préserver leur fertilité est un enjeu majeur pour leur qualité de vie ultérieure. Pourtant beaucoup ne bénéficient pas de ces techniques par défaut d’information. La conservation de tissu ovarien est possible chez la fille, celle d’ovocytes chez la jeune fille indépendamment de sa sexualité. Un accompagnement psychologique associé la prise en  à charge gynécologique est indispensable chez toutes ces jeunes filles.

Indépendamment des traitements qui risquent de compromettre la fertilité, certains comportements ou modes de vie peuvent réduire les chances de concevoir un enfant. Pour mettre toutes les chances de votre côté, proscrivez le tabac et l’alcool, maintenez un poids de forme, adoptez une alimentation saine et équilibrée (type régime méditerranéen) et ayez une activité physique régulière...

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