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Fièvre de l'enfant: nouvelles recommandations

La fièvre, que faire chez l’enfant : une révolution ! La fièvre est à considérer comme un allié de l'enfant, qui l'aide à guérir. Questions réponses de Francois Corrard Pédiatre

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La fièvre, que faire chez l’enfant : une révolution !

La compréhension de la fièvre s’est profondément transformée ces dernières années. L’avancée des connaissances permet de centrer l’attention des parents, non plus sur la fièvre, une réaction positive et sans danger de l’enfant, mais sur son inconfort éventuel qui justifie un traitement et surtout sur le pourquoi de la fièvre, c’est-à-dire sur la maladie elle-même qui justifie souvent une consultation médicale.

Qu’est-ce que la fièvre ?

  • 1-  A partir de quelle température et comment la mesurer ?
    Un enfant a de la fièvre lorsque sa température rectale atteint et dépasse 38°C. La prise rectale, avec un thermomètre électronique à sonde molle mesure la température interne, la température la plus fiable. Un peu de vaseline facilite son acceptabilité. Chez l’enfant plus grand, après l’âge de 2 ou 3 ans, lorsque cette méthode est moins bien acceptée, le thermomètre auriculaire à infra-rouge devient utile. Les autres modes de mesures (sous l’aisselle, sur le front, dans la bouche) bien que pratiques, mesurent la température superficielle du corps et ont peu d’intérêt.

  • 2-  A quoi est due la fièvre ?
    La fièvre est une réponse du système immunitaire de votre enfant à une agression. De manière autonome, il mobilise ses défenses en augmentant sa température interne. La fièvre est donc le témoin de sa réactivité spontanée. Elle est le signe d’un enfant qui réagit bien.

  • 3-  La fièvre est-elle dangereuse ?
    On l’a longtemps cru, en pensant qu’elle était responsable de crises convulsives, des chan gements de comportement de votre enfant. Les nouvelles connaissances ont transformé radicalement cette façon de comprendre la fièvre. La fièvre n’est pas responsable de tous ces évènements. Cette petite augmentation de la température corporelle (5 à 10% environ) n’est pas dangereuse.

  • 4-  La fièvre est-elle intéressante ?
    OUI, la fièvre augmente les défenses de votre enfant et diminue la multiplication des virus, la principale cause des fièvres. La faire baisser systématiquement comme l’on faisait avant, augmente la persistance des virus dans l’organisme. Respecter la fièvre, c’est respecter son enfant.

  • 5-  Y-a-t-il des situations où je dois la faire baisser ?
    Elles sont exceptionnelles. La fièvre consomme de l’énergie et nécessite de l’oxygène. Lorsque votre enfant a une maladie pulmonaire très gênante (bronchiolite) et de la fièvre, il vaut mieux la faire baisser. Enfin, il existe des anomalies hormonales (insuffisance cortico surrénales) ou du sang (drépanocytose), rares et détectées très tôt dans la vie, qui obligent à faire baisser la fièvre. Les parents de ces enfants sont prévenus de ce qu’il faut faire. Dans l’immense majorité des cas, la fièvre est respectable.

  • Lorsque mon enfant a de la fièvre, son comportement peut être différent

  • 1-  C’est exact. C’est ce que nous appelons le « comportement malade ». Mon enfant joue moins, bouge moins. Il est plus tranquille, a l’air fatigué, s’intéresse moins à son environnement, communique moins et mange moins. Il peut être aussi plus grognon, se mettre en colère plus facilement, pleurer plus souvent, paraitre douloureux.

    Ces modifications ne sont pas systématiques et permanentes durant la fièvre.

  • 2-  Est-ce dû à la fièvre ?
    On le croyait. On disait que l’enfant « tolérait mal sa fièvre ». En fait la fièvre n’y est pour rien. Ces manifestations sont indépendantes de la hauteur de la fièvre. Des enfants qui ont plus de 40°C peuvent courir comme des lapins. Ces modifications sont des expressions de l’immunité de l’enfant. Pas la peine de désespérer devant un enfant qui refuse de manger, c’est qu’il se défend ! Autrement dit, fièvre et comportement malade sont deux aspects de la réaction immunitaire de votre enfant, indépendant l’un de l’autre. A ce titre, ce sont des aspects positifs d’un enfant actif.

  • 3-  Dois-je intervenir sur ce comportement malade ?
    Ces modifications sont de valeur diverse. Certaines peuvent être vécues positivement par les parents comme un soulagement devant l’apaisement d’un enfant habituellement turbulent. L’attachement subit de l’enfant à sa mère « comme une bernique à son rocher » peut engendrer des sensations maternelles agréables d’attachement surtout lorsqu’il est habituellement affectivement distant. La fatigue appelle le lit.
    Par contre ce comportement peut être inconfortable ; votre enfant est irascible, pleure souvent, à l’air douloureux. Là, pas d’hésitation, le traitement (paracétamol, ibuprofène) est nécessaire.

  • 4-  Les médicaments (Paracétamol, Ibuprofène) sont-ils anodins ?
    L’intérêt de ces médicaments est dorénavant de maitriser l’inconfort du comportement malade. Ils ne servent plus à faire baisser la fièvre. L’ibuprofène n’est pas recommandé en cas de varicelle, de gastro entérite et peut entrainer rarement des saignements digestifs sans gravité. Ils sont tous les deux efficaces, sans que l’on sache si l’un est vraiment supérieur à l’autre.
    Ils o nt tous les deux l’inconvénient après plusieurs doses, de diminuer un peu la synthèse des anticorps nécessaires à la guérison. Leur utilisation n’est donc plus systématique, mais au coup par coup quand l’inconfort de l’enfant l’exige. En général, un seul type de médicament suffit (Paracétamol compte tenu de sa bonne tolérance). Quelquefois, si l’inconfort ne commence pas à diminuer 30 minutes après la prise, vous pouvez donner l’autre médicament.

  • 5-  Quelles sont les autres mesures à prendre lorsque mon enfant a de la fièvre ?

  • - Comment l’habiller ?
    Votre enfant doit être confortable. Lorsque la température monte, sa peau est froide « marbrée ». Il frissonne. Même à 39°C, il a froid. A l’inverse lorsque la température baisse, sa peau est rouge. Il transpire et a l’impression d’avoir très chaud.
    Pour les petits nourrissons (jusqu’à 2-3 ans) la perception de ces changements de température est difficile. Une erreur à ne pas commettre : sur-habiller ces enfants. Donc, pas de bonnet, de gigoteuse épaisse, pas d’oreiller sous lequel ils pourraient enfouir leur tête. Il vaut mieux

    légèrement le dévêtir. Par contre, chez l’enfant plus grand qui s’exprime, on peut couvrir un enfant qui a froid ou le découvrir quand il a chaud.
    - Comment le nourrir ?
    Nous avons vu que la baisse de l’appétit est normale en cas de maladie et que c’est un signe de mobilisation de son immunité. Donc, sortez des habitudes, proposez-lui ce qu’il aime, même si ce ne sont que des desserts. Ne le forcer pas ! Tout ce qui sort du réfrigérateur est mieux accepté pour ceux qui ont mal à la gorge. Proposez lui à boire plus souvent sans le contraindre (les pertes d’eau sont majorées lors de la fièvre). Mettez-le au sein plus facilement si vous l’allaitez.

    - Quelle température pour sa chambre ?
    La température habituelle : pas plus, pas moins.

    Quand consulter le médecin ?

    C’est lui qui va préciser la cause de la fièvre et vous donner parfois des médicaments spécifiques.
    Si votre bébé a moins de trois mois, appelez sans tarder votre médecin. S’il n’est pas disponible, allez aux urgences.

    Si votre bébé a entre 3 et 6 mois et qu’il a plus de 39°C, consultez votre médecin dans la journée.
    Si votre enfant est plus âgé et qu’il a un comportement habituel, vous pouvez vous donner 24- 48 heures avant de consulter.

    Quel que soit l’âge de votre enfant, vous devez consulter en urgence s’il est essoufflé, douloureux, geignard, pâle, qu’il a des petits points rouges qui ne disparaissent pas en étirant la peau de part et d’autre ou qu’il vous inquiète.

    Que faire en cas de crise convulsive avec de la fièvre ?

    C’est la grande inquiétude des parents surtout lorsqu’on pensait qu’elles étaient provoquées par la fièvre. En fait la fièvre ne les déclenche pas. D’ailleurs les médicaments qui font baisser la fièvre n’ont aucune action préventive.
    C’est souvent une perte de connaissance de l’enfant qui peut devenir soit tout mou, comme une poupée de chiffon, soit se raidir avec des secousses involontaires, parfois avec un teint légèrement bleuté. C’est terriblement impressionnant et pourtant, le devenir à long terme est en règle le même que celui des autres enfants.

    Ces crises sont dues à une activation du système immunitaire chez des enfants de 6 mois à 5 ans qui présenteraient en plus des particularités génétiques sur les cellules cérébrales.
    Que faire ?
    Mettre l’enfant en position latérale de sécurité (sur le côté). La crise s’ arrête en général spontanément en quelques minutes. Si elle dure plus longtemps, il faut appeler le n° 15 (SAMU). Lorsque la crise s’est arrêtée, prenez lui sa température et rendez-vous chez votre médecin ou aux urgences pour préciser la nature de la maladie, à l’origine de cette réaction de l’enfant.

    François CORRARD, pédiatre Juin 2014

    En annexe Fiche Médecine et Enfance « Conseils aux parents : beaucoup d’idées sur la fièvre de l’enfant ont changé »

    Biblio

    Les recommandations françaises (déc 2004)

    http://ansm.sante.fr/S-informer/Presse-Communiques-Points-presse/Le-traitement-de-la-fievre- chez-l-enfant

    Les recommandations américaines

    Fever and antipyretic use in children. Section on Clinical Pharmacology and Therapeutics; Committee on Drugs, Sullivan JE, Farrar HC. Pediatrics. 2011 Mar;127(3):580-7.

    Les recommandations anglaises

    NICE guideline : feverish illness in children – assessment and initial management in children younger than 5 years. Davis T. Arch Dis Child Educ Pract Ed 2013 ;98 :232-235

     

     

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