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Qui dort… ne grossit pas

 Les auteurs concluent à la nécessité d’une meilleure information sur les heures de sommeil nécessaires aux différents âges de la vie. Ils ajoutent toutefois qu’il reste à prouver qu’une modification des habitudes de sommeil parvienne à infléchir la tendance à l’obésité.

Qui dort… ne grossit pas

Publié le 10/06/2011

 

En même temps que la fréquence de l’obésité infantile connaissait un accroissement spectaculaire, des enquêtes révélaient une réduction du temps de sommeil des enfants, posant la question d’un éventuel lien entre ces deux phénomènes. Plusieurs études récentes ont confirmé une augmentation du risque d’obésité chez les enfants qui dormaient peu, mais certaines questions restent encore non résolues, et notamment l’appréciation réelle du temps de sommeil et l’influence de ce dernier sur la composition corporelle.

Une équipe néo-zélandaise a recruté 244 enfants et les a suivis de 3 à 7 ans. Le temps de sommeil était déterminé, non pas d’après un questionnaire comme dans la plupart des études, mais par accéléromètre, et la mesure de la composition corporelle par impédance bioélectrique et absorptiométrie biphotonique. D’autres paramètres intervenant dans l’indice de masse corporelle (IMC), comme les habitudes alimentaires, le nombre d’heures passées devant la télévision et des facteurs familiaux, étaient pris en compte.

Le constat est clair, les enfants qui dorment le moins entre 3 et 5 ans ont une augmentation significative du risque de surpoids vers 7 ans, même après ajustement pour les autres facteurs de risque d’obésité. Chaque heure supplémentaire de sommeil entre 3 et 5 ans est associée à une réduction de 0,49 points de l’IMC à l’âge de 7 ans (IC 95 % 0,01 à
0,96), ce qui correspond  à une différence de 0,7 kg environ pour un enfant de poids moyen. Et les mesures réalisées au cours de cette étud e montrent que les différences d’IMC s’expliquent par des variations de l’indice de masse grasse autant chez les filles que chez les garçons.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour tenter d’expliquer cet effet du manque de sommeil sur l’obésité. Celui-ci pourrait relever de mécanismes à la fois comportementaux et hormonaux. En effet, une durée de sommeil réduite laisse plus de temps au grignotage et paraît associée à l’habitude de manger sans vraiment avoir faim. Le manque de sommeil augmente aussi la fatigue, cause possible de réduction de l’activité physique. Les mécanismes hormonaux impliquent leptine et ghréline et des études expérimentales ont montré que le manque de sommeil diminue les taux circulants de leptine et augmente ceux de ghréline, avec pour conséquence une augmentation de l’appétit.

Les auteurs concluent à la nécessité d’une meilleure information sur les heures de sommeil nécessaires aux différents âges de la vie. Ils ajoutent toutefois qu’il reste à prouver qu’une modification des habitudes de sommeil parvienne à infléchir la tendance à l’obésité. Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un challenge  qui ne manque pas d’intérêt.

Dr Roseline Péluchon

Carter PJ et coll. : Longitudinal analysis of sleep in relation to BMI and body fat in children: the FLAME study. BMJ 2011;342:d2712
doi:10.1136/bmj.d2712




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