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L’endormissement, un stress pour le petit nourrisson

 S’endormir seul est un moment de stress pour le petit nourrisson, du moins les premières fois. La disparition des pleurs dans un programme d’apprentissage de l’endormissement ne signifie pas la fin du stress de l’enfant. Un des effets des pleurs du petit nourrisson est de synchroniser les axes corticotropes de la dyade mère-enfant.

L’endormissement, un stress pour le petit nourrisson

Une institution néo-zélandaise a couplé une étude du stress provoqué par la séparation mère-enfant à un programme d’apprentissage de l’endormissement du nourrisson. Son programme de « laisser pleurer, sans réconfort  » concerne les nourrissons de 4 à 10 mois et dure cinq jours consécutifs. Le nourrisson est mis au berceau par sa mère assistée d’une infirmière, puis il est laissé seul dans la pièce. La mère se tient dans une autre pièce, d’où elle peut entendre les pleurs de son enfant, mais elle n’a pas le droit d’intervenir.

Vingt-cinq mères, qui ne prenaient pas d’antidépresseurs, ont consenti à ce qu’elles-mêmes et leurs enfants subissent des prélèvements de salive au moment des préparatifs de couchage et 20 minutes après le début du sommeil nocturne, au 1er jour et au 3ème jour du programme, pour un dosage du cortisol, l’une des hormones du stress.

Le premier jour, les nourrissons ont manifesté leur détresse par au moins deux épisodes de pleurs de 5 à 10 minutes avant de s’endormir. Les taux du cortisol salivaire étaient élevés avant endormissement et le restaient après, chez les nourrissons (en moyennes, 0,580 µg/dl après versus 0,453 µg/dl avant ; différence non significative) comme chez les mères (0,329 µg/dl après versus 0,278 µg/dl avant ; n.s.). Il y avait des corrélations positives significatives entre les taux de cortisol des nourrissons et des mères avant et après endormissement (r=0,78, p < 0,001 ; et r=0,75, p < 0,01, respectivement).

Le troisième jour, les nourrissons se sont endormis sans crises de pleurs, parfois après une période d’agitation. Leurs taux de cortisol salivaire restaient élevés après l’endormissement (0,412 µg/dl après versus 0,512 µg/dl avant ; n.s.) alors que ceux de leurs mères diminuaient significativement après l’endormissement (0,093 µg/dl après versus 0,270 µg/dl avant ; p < 0,02). La corrélation entre les taux de cortisol des nourrissons et des mères était significative avant l’endormissement (r=0,58 ; p < 0,05) mais pas après (r=0,42 ; n.s.).

On peut tirer plusieurs conclusions des données comportementales et biologiques ci-dessus. S’endormir seul est un moment de stress pour le petit nourrisson, du moins les premières fois. La disparition des pleurs dans un programme d’apprentissage de l’endormissement ne signifie pas la fin du stress de l’enfant. Un des effets des pleurs du petit nourrisson est de synchroniser les axes corticotropes de la dyade mère-enfant. Cependant, la portée de ces conclusions est atténuée par les conditions du programme (pas à la maison et sans réconfort) et par les valeurs des écarts-types des moyennes des taux de cortisol (très importantes).

Dr Jean-Marc Retbi

Middlemiss W et coll. : Asynchrony of mother-infant hypothalamic-pituitary-adrenal axis activity following extinction of crying responses induced during the transition to sleep. Early Human Dev. 2012 ; 88 : 227-232


Les nourrissons doivent s’habituer à s’endormir seuls. Certains n’y arrivent pas et pleurent longuement quand ils sont posés éveillés dans leur berceau. C’est à eux que s’adressent des méthodes « dures » qui consistent à les laisser pleurer (« cry it out »), en revenant ou pas pour les rassurer, jusqu’à ce qu’ils acquièrent une autorégulation du sommeil.


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