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Les talalgies

 Cet exposé du Docteur Daulouède fait suite à celui sur les tendinites du genou, pour aborder un aspect du traitement physique, et des exercices qui permettent de récupérer le mieux possible en suivant ce protocole de traitement.   

Les tendinites du talon

 

  • Comment se fait-il qu’un organe apparemment aussi simple qu’un tendon donne autant de fil  à retordre ?

  • Qu’un muscle qui se contracte et se relâche à l’infini soit compliqué à se réparer, on veut bien l’entendre. Mais un tendon ? Ce n’est jamais qu’un bout de corde qui doit relier le muscle aux os. A première vue, rien de bien compliqué. Pas d’activité propre. N’importe quel petit morceau de Dacron ferait tout aussi bien l’affaire…Non ?pendant de longues années, cette vision d’un organe « passif » a paralysé la recherche .On  expliquait les tendinites par la survenue de micro-déchirures suivies d’une réaction de cicatrisation inflammatoire .D’où les nodules douloureux que l’on s’évertuait à casser par des massages transverses profonds  ou par des ondes de choc. Les résultats n’étaient pas toujours au rendez-vous.Et puis surtout, on s’exposait à de très forts risques de récidives puisqu’en réalité, on ne remontait jamais aux causes de la pathologie, on se contentait d’en effacer les conséquences. Là-dessus, la science a progressé, comme toujours, et on s’est rendu compte finalement que ce que l’on considérait comme un vulgaire bout de ficelle recelait en réalité des trésors d’ingéniosité . Il était notamment doué d’étonnantes facultés de régénération à condition qu’on sache le solliciter avec tact et sensibilité. On a aussi réalisé à quel point le tendon était sensible aux contraintes.

  • A chaque fois qu’on l’étire, il réagit en modifiant ses paramètres biochimiques, métaboliques, structurels et mécaniques. Lorsqu’on court par exemple, ses cellules secrètent naturellement des substances qui « huilent » sa structure interne, ce qui le rend à la fois plus solide et élastique. Pour se maintenir en bonn e santé, il lui faut donc une certaine dose d’activité. Maispas trop ! On risque sinon de déborder ses capacités intrinsèques de résistance, ce qui aboutirait à sa dégradation .Au stade des premières douleurs, la situation n’est pas trop grave.

  • Les tissus lésés entament un programme de guérison appelé « Healing procès », qu’on se contentera de ne pas contrarier  par la poursuite du sport et la prise de médicaments anti-inflammatoires . Dans le cas contraire, on risque de favoriser toute une série de réactions cellulaires très néfastes qui ancreront la tendinite dans la chronicité. Voyez, on est loin de ce qui faisait office de règle d’or jusqu’il y a peu à savoir que la tendinite était avant tout un problème inflammatoire.

  • En fait, les marqueurs spécifiques de l’inflammation (les fameuses prostaglandines)ne sont pas très élevés dans le cas d’une tendinite chronique. En revanche, on peut avoir une preuve formelle du « désordre histochimique » en constatant la forte augmentation des neurotransletteurs glutamate intra –tendineux. Cela paraît complique ?En réalité, ce quelques notions ont complètement changé les modalités de prise en charge de la maladie. Fini les anti-inflammatoires ou les immobilisations plâtrées. Le traitement vise en somme à stimuler le système de réparation propre au tendon lui-même .Un peu comme lorsqu’on  eut renforcer le système immunitaire en cas d’infection grave ou de cancer. Comment faire ?

  • Il faut é-ti-rer ! En mettant le tendon sous tension, on cherche en effet à enclencher la phase d’anabolisme qui devrait conduit jusqu’à  une guérison complète et définitive. La grande difficulté consiste évidemment à déterminer  avec certitude la frontière entre l’activation souhaitée des mécanismes reconstructeurs et l’aggravation des lésions déjà existantes.

  • Prenons l’exercic e classique d’un étirement du tendon d’Achille où l’on dépose le talon sur le sol loin derrière soi, en prenant appui des deux mains contre un arbre ou contre un mur.Dans  la réalité, celui –ci ne semble pas d’une très grande efficacité….

  • D’après le Professeur Stanish, on doit plutôt privilégier les exercices qui permettent un travail excentrique du tendon. En clair, on contracte le muscle du mollet contre une force qui entraine l’écartement de ses extrémités.

  • Exemple : vous vous mettez debout sur la pointe des pieds au bord de la marche d’un escalier et vous descendez tout doucement jusqu’à poser le talon sur la marche du dessous. Recommencez plusieurs. Petit à petit, on pourra durcir le truc en portant des haltères (ou un sac à dos) et en augmentant les répétions et la vitesse.

  • Mais comment savoir si l’on se situe ans la zone où l’on stimule la régénération tendineuse ou si l’on risque au contraire de tout flinguer ? Pour cela, il faut tenir compte la douleur. La mise sous tension doit être ressentie sur tout la longueur du tendon  sans pointe douloureuse localisée.

  • Veuillez aussi à bien choisir les exercices en tenant compte de la souplesse naturelle de la personne, notamment pour tous ceux et toutes celles qui présentent   des tendons courts ou rétractés. Enfin, rappelez-vous qu’une tendinite évolue par crises. La première semaine de douleurs correspond à  une phase inflammatoire durant laquelle il faut privilégier le repos. Plus tard on peut commencer le travail .Rendez vous dans les escaliers .


                        Docteur Christian Daulouède
 

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