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Témoignage de M. : victime d’agressions sexuelles, elle parle pour aller de l’avant - Le site du Docteur Alexandre BENTORCHA - Docvadis

Témoignage de M. : victime d’agressions sexuelles, elle parle pour aller de l’avant

A l’âge de 16 ans, M. a subi un viol. Adulte, lorsqu’elle est arrivée à Paris, une seconde agression sexuelle a fait ressurgir sa souffrance. C’est en parlant de son mal-être auprès d’associations spécialisées qu’elle a compris qu’elle n’était pas responsable. Voici son témoignage.

Comme M., chaque année en France 84 000 femmes de 18 à 75 ans sont victimes de viols ou de tentatives de viol. Des associations existent pour écouter et orienter les femmes dans leurs démarches pour se reconstruire.

« La première fois que j’ai été violée, j’étais adolescente. Plus tard, en étant à Paris, j’ai subi une autre agression dans le RER. Cela a fait resurgir ce traumatisme que j’avais mis de côté depuis longtemps. C’était vraiment très difficile à vivre, car je revivais la scène et je n’arrivais pas à m'en sortir psychologiquement, je tournais en rond.

C’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il fallait que j’en parle à quelqu’un. J’ai appelé le numéro SOS Viols Femmes Informations [numéro gratuit : 0 800 05 95 95]. C’est la première démarche qui a déclenché tout le reste. Je ne savais pas à qui parler, ce numéro de téléphone m'a permis de commencer à remonter la pente. »

Prendre conscience de son agression

Neuf fois sur dix, les agressions sexuelles sont commises par des personnes de l’entourage de la victime. Cela complique la prise de conscience et décourage souvent les femmes de porter plainte. En effet, seules 10 % des victimes portent plainte.

« C’était mon petit ami de l'époque. Je n’avais jamais eu de relations sexuelles avant et cela s’est fait de manière très violente avec lui. Au début je n’ai pas réalisé que c'est un viol, c’est après. C’est une amie qui m’a aidé à comprendre que ce n’était pas normal, c’est la première personne à qui j'en ai parlé. Moi je ne pensais pas à un viol, parce que c'était quelqu'un en qui j’avais confiance et que je connaissais. C'était trop horrible et inimaginable qu’un garçon pour qui j'avais beaucoup d'affection à l'époque puisse me faire ça.

Au cours des réunions organisées par les associations d’aide aux victimes, en voyant que d’autres femmes étaient dans le déni, j’ai compris. Ca rendait les choses encore plus claires. Cela m’a permis de me rendre compte que les filles ne sont pas responsables de ce qui leur arrive et de faire le point sur ma situation, ce n’était ma faute. »

S’entourer de personnes à l’écoute

En prenant contact avec SOS Viols Femmes Informations, M. a pu exprimer son mal-être et comprendre qu’elle n’était pas responsable de son agression.

« J'ai appelé SOS Viols Femmes Informations, parce que je ne savais pas à qui m'adresser quand ça n'allait pas. Les personnes à qui j’ai parlé m’ont écoutée et m’ont orientée vers la maison des femmes du XIIe arrondissement à Paris.

En parallèle, je m’interrogeais sur l’éventualité de porter plainte, pour cela je suis allée voir un centre d’aide juridique pour les femmes victimes de violences. J’y ai eu des informations à propos d’organismes auxquels je pouvais m’adresser. C’est grâce à cela que je me suis dirigée vers l’institut Baudelaire de l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

Parler m'a permis de me sentir moins seule et de sortir un peu de la culpabilité. J’ai mis du temps à accepter que ce n’était pas ma faute. Même si c'était mon petit ami, il n'avait pas à se comporter comme ça.

C'est vraiment long et j’ai eu besoin de beaucoup parler et de beaucoup de soutien, de messages positifs pour pouvoir accepter ce qui m’est arrivé. »

Parler pour recommencer à vivre sans le fardeau de l’agression

Les associations d’aide aux victimes de violences sexuelles accompagnent les femmes pour les aider à oublier la culpabilité de l’agression. Grâce à elles, M. a compris que ces viols ne la définissait pas en tant que femme et qu’elle avait le droit de vivre normalement, malgré ces agressions.

« J’ai été victime de viol mais ça ne me définit pas dans ma totalité. Il faut réussir à séparer les choses et à se dire "il m’est arrivé ça, mais je ne suis pas définie que par cet événement-là".

Ce que je voudrais dire à une femme qui a été victime d’un viol, c’est qu’il faut parler. En appelant ce numéro de téléphone, on peut parler librement. C’est anonyme et on trouve des personnes bienveillantes et qui ont l’habitude de ces situations. Maintenant, j’en parle un peu plus autour de moi et je me rends compte que je connais beaucoup de femmes qui ont été victimes de viol. C’est important de se tourner vers des organismes comme ceux-là pour en parler, parce qu’on ne trouve pas toujours les mots pour le dire à sa famille. »

Pour savoir où vous adresser en cas d’agression : http://stop-violences-femmes.gouv.fr/

 

Cabinet psychiatre psychothérapeute

36 Rue d'Antibes,
06400 Cannes, France

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