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Nous sommes un couple sérodiscordant et avons 3 enfants

J. est originaire d’Afrique. Elle est séropositive et maman de 3 enfants, tous séronégatifs. Son compagnon est séronégatif. Ensemble, ils ont construit leur famille.

« J’ai appris que j’étais séropositive en 2001, à l’occasion des premiers examens de suivi de ma première grossesse. J’ignorais que j’étais malade. Ça aété un choc terrible, mais je ne l’ai pas gardé pour moi. J’ai tout de suite prévenu mon mari, je lui ai expliqué. Pour lui, c’était la volonté de Dieu. Il m’a dit qu’il n’allait pas me lâcher parce que j’étais malade, qu’il fallait continuer à vivre. »

 

Difficulté de traitement

Lors de la découverte de sa séropositivité, l’état de santé et la grossesse de J. a nécessité la mise en place rapide d’un traitement.


« Je prenais six comprimés par jour à heure fixe, matin, midi et soir. Mon médecin m’avait expliqué qu’il fallait que je suive bien mon traitement pour ma santé et celle de mon enfant. Mais, au bout du premier trimestre, j’ai commencé à avoir du mal à respecter la régularité des prises. J’étais moins attentive, moins sérieuse. Le médecin qui me suivait pour la grossesse m’a conseillé de retourner à l’hôpital où j’étais suivie pour le VIH. Mon médecin m’a expliqué que ma maladie allait s’aggraver, qu’il fallait que je réagisse immédiatement. J’ai eu peur. J’ai vu qu’elle ne plaisantait pas, qu’il fallait que je reprenne mes médicaments rapidement.
Mon mari m’a, lui aussi, soutenue. »

 

Une grossesse sans écueil

« J’ai repris mes médicaments sérieusement, sans faire d’écarts. J’ai continué à voir mon médecin tous les quinze jours. Ma grossesse s’est déroulée normalement et mon enfant est né sans problèmes. Il est séronégatif. Mon médecin est venue me voir après la naissance et, désormais, je la vois tous les 4 mois. »

 

Pour J., la séropositivité n’a pas été un obstacle à la maternité. Elle est une maman comme les autres.
« Mes trois garçons sont en pleine forme, et je ne me sens pas différente d’une autre maman, si ce n’est que je dois prendre mes médicaments tous les matins avec beaucoup de régularité pour rester en bonne santé. »

 

Le message de J. à destination des autres femmes séropositives est plein de dynamisme.

« On peut avoir des enfants comme les autres femmes. Il faut juste consulter son médecin régulièrement, être sérieuse avec ses médicaments, bien suivre son traitement et ne pas allaiter son enfant. Ensuite, on est une maman comme une autre. »

 

Les enfants de J. ont été conçus naturellement. Son mari est suivi à l’hôpital.
« Lorsque mon médecin m’a appris que j’étais malade, elle a conseillé à mon mari de se protéger. Il l’a fait, puis, le temps passant, il a arrêté. Depuis, il est suivi tous les 6 mois pour vérifier qu’il est toujours séronégatif. »

 

Dr Marie-Aude Khuong-Josses, praticien hospitalier, chef de service,
Service des Maladies infectieuses et tropicales,
Hôpital Delafontaine, 93200 Saint-Denis.

 

« Au-delà du choc, le VIH peut être vécu comme une affection dévalorisante pour la femme qui en est atteinte. Elle doute de sa capacité à séduire et à retenir un homme, en particulier si celui-ci est séronégatif. Il est donc extrêmement important que le conjoint reste présent comme c’est le cas dans ce témoignage. Son soutien est à la fois actif et symbolique. Actif, parce qu’il est présent au quotidien ; symbolique, parce qu’il rend à son épouse toute la dignité à laquelle elle aspire légitimement.

 

J. et son mari ont choisi de ne pas utiliser de préservatifs. La charge virale VIH de J. est indétectable depuis plusieurs années et son observance aux traitements est parfaite. Dans ce type de situation, les discussions sont actuellement nombreuses sur la nécessité, dans un couple stable et en l’absence de cofacteurs, de continuer à utiliser des préservatifs. Ce couple a fait le choix d’arrêter après une information précise sur les risques éventuels.

 

La protection du conjoint doit faire l’objet d’une consultation médicale au cas par cas. Il est essentiel d’en parler avec votre médecin. »

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