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Je comprends le lien entre infection par le VIH et risque de cancer

L’infection par le VIH entraîne une baisse de l’immunité qui augmente le risque de développer un cancer. Grâce à des mesures de prévention et de dépistage, il est possible de limiter ce risque.

Je suis porteur, ou porteuse, du VIH. Est-ce que je risque de développer un cancer à cause de l’infection ?

On classe les cancers associés à l’infection par le VIH en deux catégories.

La première catégorie concerne les cancers « classant sida » qui définissent l’apparition de la phase sida chez les personnes contaminées par le VIH, au même titre que les infections opportunistes. La seconde catégorie regroupe les cancers « non classant sida ».

Le risque de survenue d’un cancer, est plus élevé pour les principaux cancers "classant sida".

Chez les malades infectés par le VIH, le risque de déclencher un sarcome de Kaposi est multiplié par 20. Ce cancer se traduit par l’apparition de tumeurs cutanées d’aspect brun ou violacé. Il touche parfois aussi les muqueuses et les organes internes.

Le risque est du même ordre pour les Lymphomes Non Hodgkiniens (LNH), qui se développent à partir de cellules du système lymphatique, impliquées dans la défense de l’organisme.

Le risque de cancer du col de l’utérus est, quant à lui, 5 fois plus élevé que dans la population des femmes séronégatives.

Pour les cancers "non classant sida", le risque est 2 à 3 fois plus important en cas d’infection par le VIH, par rapport au reste de la population.

C’est le cas de la maladie de Hodgkin, un cancer caractérisé par la prolifération de cellules malignes dans les organes lymphoïdes : ganglions lymphatiques, rate, foie, moelle osseuse. Il en va de même pour d’autres tumeurs comme le cancer du poumon, du foie ou du canal anal.

Pourquoi le risque de déclencher un cancer est-il plus élevé dans mon cas ?

C’est la baisse de votre immunité qui explique le risque accru de cancers lors d’infection par le VIH, surtout si le taux de cellules CD4 est bas. Les lymphocytes CD4 organisent la réponse du système immunitaire. Lorsque leur taux passe sous le seuil de 500/mm3, l’apparition de cancers est significativement plusfréquente, à l’exception du cancer du canal anal. Inversement, dès que le taux de CD4 augmente, ce risque diminue.
Le maintien du taux de CD4 au-dessus du seuil de 500/mm3 est donc un facteur essentiel de prévention des cancers chez les malades infectés par le VIH.

Si je déclarais un cancer, quelle prise en charge me verrais-je proposer ?

La prise en charge est spécifique à chaque type de cancer.
A l’occasion des Réunions de Concertation Pluridisciplinaires (RCP), votre médecin référent pour le VIH décidera avec l’équipe de cancérologues, de la meilleure prise en charge à vous proposer : examens complémentaires, traitement.

Quelles mesures de prévention dois-je respecter ?

La priorité est de faire remonter puis de maintenir votre taux de CD4 au-dessus du seuil de 500/mm3. L’observance de votre traitement antirétroviral est bien entendu indispensable pour atteindre cet objectif. Des contrôles réguliers seront effectués par votre médecin référent.

Si vous fumez, il convient d’arrêter ou au moins de limiter autant que possible votre consommation quotidienne de tabac, afin de réduire les risques d’apparition d’un cancer du poumon. Le cancer du poumon est en effet le plus fréquent des cancers « non classant sida ».

Les infections virales à papillomavirus humain (HPV) sont responsables de lésions précancéreuses chez la femme (risque de cancer du col de l’utérus surtout) et chez l’homme (risque de cancer du canal anal). La vaccination contre 6 sous-types d'HPV est recommandée avant le début de la vie sexuelle pour toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans selon un schéma à deux doses et en rattrapage chez les jeunes filles de 15 à 19 ans selon un schéma à trois doses. Elle l'est également pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, âgées de 14 à 19 ans avec un rattrapge possible jusqu'à 26 ans.

Le dépistage des lésions précancéreuses est également indispensable. Un examen proctologique est réalisé au moins une fois par an chez les hommes exposés. Il comprend un examen du canal anal, associé à un toucher rectal. Un frottis pour étude cytologique de la muqueuse anale est réalisé par le médecin. Ce prélèvement est ensuite analysé en laboratoire, pour vérifier l’absence de lésions.

Chez la femme, un examen gynécologique régulier sera proposé, également associé à un frottis réalisé au niveau du col de l’utérus.

Enfin, en cas de co-infection avec le VIH, la baisse des défenses immunitaires accélère l’inflammation des cellules du foie due au virus de l’hépatite B ou C. Le risque est l’apparition d’une cirrhose du foie susceptible d’évoluer en cancer. Il est donc indispensable de dépister et de traiter une éventuelle infection par le virus de l’hépatite B ou C. En cas de cirrhose du foie, une échographie de contrôle est proposée tous les six mois.

L’observance de votre traitement antirétroviral est cruciale pour prévenir l’apparition d’un cancer au cours de l’infection par le VIH. Votre taux de cellules CD4 doit idéalement rester supérieur à 500/mm3.
Au cours du suivi, votre médecin référent sera amené à vous proposer des examens réguliers qui permettront de dépister un éventuel cancer, dont le risque de survenue est augmenté du fait de l’infection par le VIH.
Si vous êtes fumeur, l’arrêt du tabac reste une priorité.

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