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Et après ?

Votre activité physique

Activité physique, sport et cancer

Activité physique, sport et cancer

 Il peut paraître incongru d’associer sport et cancer. Même Jean de La Fontaine n’aurait pas osé une fable où le crabe et le lièvre courent côte à côte. Pourtant, au-delà des slogans « Manger, Bouger », de plus en plus de chercheurs et de médecins s’intéressent à l’association entre activité physique et cancer. Ces dernières années, de nombreuses études ont établi le rôle préventif d’une activité physique régulière pour éviter la survenue de certains cancers. Lorsque la maladie est, malgré tout, survenue, que les traitements sont terminés, la reprise rapide d’une activité physique contribue souvent au retour à la normale et à l’amélioration de la qualité de la vie ; elle peut, parfois, améliorer le pronostic. Enfin, nombreuses sont les associations sportives qui oeuvrent pour la lutte contre le cancer en organisant des manifestations où les bien portants courent, luttent ou jouent pour aider les malades.


 - 1 – Activité physique et prévention
L’activité physique, c’est la pratique régulière d'un sport, mais aussi le mode de vie. Elle peut être très variable selon la profession, le degré de sédentarité, la pratique d'activités quotidiennes : marche, vélo, escaliers, tâches ménagères, etc..
Des méthodes scientifiques existent pour mesurer l'intensité de l'activité physique. Des questionnaires appropriés permettent de  l’évaluer  et des abaques ont été établis pour la quantifier et faire des comparaisons. Les effets biologiques d’une activité physique régulière et soutenue sont toujours bénéfiques, mais très variables selon les organes et les fonctions étudiées : système cardio-vasculaire, respiratoire, état osseux, maintien du poids, métabolisme des graisses, etc.
En ce qui concerne le cancer, l'activité physique a un effet préventif incontestable, proportionnel à l'intensité de l'activité. Toutefois, cet effet n'est pas identique pour tous les types de cancer.
En France, une expertise collective de l’INSERM (Institut National de la Recherche Médicale), publiée en 2008 et basée sur l’analyse de tous les articles scientifiques parus sur le sujet, a établi le rôle protecteur incontestable de l’activité physique sur les cancers fréquents pour lesquels les cohortes étudiées sont suffisantes et les études les plus nombreuses. Sur les autres localisations, soit le nombre de sujets est insuffisant pour conclure, soit les études sont contradictoires. Les mécanismes biologiques de cet effet protecteur ont également été étudiés.  
C'est pour le cancer du colon que les preuves de l’effet préventif de l’activité physique sont les plus claires : 43 études sur 51 ont montré une diminution du risque moyenne de 40 à 50 % lorsque l’activité physique est la plus importante. Cet effet protecteur est proportionnel à l'intensité de l'activité pour 25 des 29 études ayant comparé intensité et résultat.  
Pour le cancer du sein, 45/64 études parues en 2006, ont montré une réduction moyenne de 30 à 40 % chez les sujets ayant l’activité physique la plus importante. Cet effet est proportionnel à l'intensité de l'activité pour 20/23 études ayant fait cette recherche. Le seuil minimal efficace se situe autour de 4 h de marche soutenue par semaine.
Par ailleurs, des études récentes montrent qu’une activité physique de ce type (marche 3 à 5 h par semaine) diminue le risque de décès ou de récidive de 20 à 50 % chez des femmes ménopausées, auparavant traitées pour un cancer du sein.
Les mêmes résultats sont mis en évidence pour le cancer de l'endomètre (cavité de l'utérus) avec une réduction du risque de 30 % en moyenne  et un effet proportionnel à l'effort.
Dans le cancer du poumon, la plupart des études montrent une diminution du risque de 20 % (allant de 20 à 60 %) chez les sujets ayant l’activité physique la plus importante. Le rôle du tabac a bien sur été pris en compte dans toutes ces études. Deux d'entre elles ont même montré une réduction du risque de cancer du poumon chez les sujets sportifs fumeurs.
Concernant le cancer de la prostate, les résultats publiés sont contradictoires : sur 37 études, la moitié montre une diminution du risque de 10 à 30 %, mais, pour certaines d'entre elles, il y a une augmentation du risque de cancer. Les conclusions sont donc difficiles.
Pour d’autres cancers (ovaire, estomac) un rôle protecteur est souligné dans quelques publications, mais les données sont insuffisantes pour en tirer des conclusions sur les relations de causalité.

- 2 – Activité physique et réhabilitation
La survenue du cancer va complètement bouleverser la vie quotidienne : "Le moment où tout bascule". Selon le type de cancer et les traitements reçus, les répercussions sur l'état général seront variables. En cours de traitement, radiothérapie ou chimiothérapie, les patients décrivent de façon très fréquente (60 à 95 %) une fatigue, une sensation d'épuisement, ne cédant pas au repos et parfois prolongée longtemps après les soins. Cette fatigue est associée à l'anxiété, à la dépression et altère la qualité de vie de façon prolongée.
- Activité physique pendant les traitements
Pendant et après un traitement, la pratique de la majorité des sports est envisageable, dans la mesure où l'état général et la condition physique du patient le permettent.
Depuis les années 2000, plusieurs études ont montré que le maintien ou la reprise, pendant le traitement,  d'une activité adaptée à l'âge, et à l'état du patient, améliore sa condition physique, et a un effet bénéfique sur la fatigue, l'anxiété, le sommeil, et la qualité de la vie.
Plus récemment, plusieurs essais contrôlés ont été conduits chez des patientes traitées pour un cancer du sein. Une revue (métaanalyse) faite en 2005, sur 34 essais, montre que la pratique, au cours de traitement, d'un exercice physique, améliore la qualité de vie, la fatigue et réduit les séquelles de la maladie et des traitements.
- Activité physique après les traitements
Toujours sur le cancer du sein, il est démontré que la pratique, après le traitement, d’une activité physique soutenue diminue le risque de décès ou de récidive de 20 à 50 % chez des femmes ménopausées.
Modérée et régulière, la pratique d'un sport ou d'un exercice physique est toujours bénéfique sur les plans physique et psychologique. Elle contribue également à une réadaptation socioprofessionnelle dont les répercussions à long terme sont indéniables.
Pour certains patients auparavant sédentaires, le cancer va être le "déclencheur" d'une nouvelle vie et le besoin d'activité sportive va naître après la maladie. Le sport pourra ainsi jouer un rôle thérapeutique en confirmant la victoire symbolique sur la maladie.
Toutefois, à la fin du traitement et durant la convalescence, les activités peuvent s'avérer difficiles. Certaines séquelles peuvent limiter la pratique sportive. C'est au médecin traitant qu'il appartient de conseiller son patient sur la pratique d'une activité physique adaptée et bénéfique.
Après un curage ganglionnaire de l'aisselle (cancer du sein ou autre) le risque de lymphoedème (gros bras) conduit souvent à déconseiller des gestes violents (tennis, golf, tir à l'arc). En fait, avec modération, la pratique de tous les sports reste possible, surtout les activités qui ne sollicitent pas trop le bras (natation, vélo, marche, gymnastique, etc).
Après un geste chirurgical fragilisant les parois de l'abdomen (cancer du côlon par exemple surtout en cas de colostomie) une rééducation progressive visant à renforcer les muscles abdominaux est souvent nécessaire avant de reprendre des exercices plus intenses.
Après certains traitements ou certains cancers, la réduction des capacités respiratoires pourront faire déconseiller la pratique de sports d'altitude ou la plongée sous-marine.
La pratique de la natation ou des sports aquatiques est pratiquement toujours possible. Une colostomie peut être masquée dans un maillot de bain large. Après ablation du sein, les prothèses adhésives et les maillots adaptés permettent toutes les activités en toute discrétion.
En règle générale, à distance du traitement de son cancer, un patient souffre de peu de limitations dans la pratique d'une activité sportive et le sport l'aide souvent à retrouver son équilibre en participant à sa guérison. Certains sportifs, après avoir vécu un combat contre le cancer se sont ensuite hissés au plus haut niveau de la compétition ; ils témoignent au quotidien de cette possible récupération. Ces exemples médiatisés renforcent encore, pour certains patients, le besoin de retrouver un bien être physique.

- 3 – Activité physique et solidarité
Depuis de nombreuses années et dans tous les pays du monde, de nombreuses associations sportives participent à la lutte contre le cancer.
La Ligue Contre le Cancer, des associations de patients, des associations sportives ou caritatives organisent régulièrement des manifestations sportives au profit de la lutte contre le cancer.
Cette solidarité de tous, des bien-portants, des "survivants" pour les patients est indispensable pour la recherche, pour améliorer la prise en charge, parfois pour des soins indispensables.
Aujourd'hui plus qu'hier, les difficultés budgétaires des établissements de soins et de recherche rendent plus nécessaires les efforts de tous pour "Bouger contre le cancer".

Créé par :  Professeur Khaled MEFLAH

Date de publication :   11/02/09
 
 

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