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Prévenir la maladie
Arthroscopie du coude

Pathologie du coude et arthroscopie
Pathologie du Coude et endoscopie
Jean-Paul BONVARLET Paris IAL Nollet
En 1931 lors d’une étude effectuée sur le cadavre, Michael BURMAN concluait que l’arthroscopie du coude n’était pas réalisable en raison de la faible capacité de la cavité articulaire et que tout abord antérieur était “ out of question “ en raison de la proximité des formations vasculo-nerveuses. C’est pour cette raison que pendant plusieurs décennies, l’arthroscopie du coude a été négligée.
À partir de1980, de nombreux auteurs ont précisé la technique et dès 1982, les premières séries ont été rapportées.
Les difficultés techniques font que cette arthroscopie reste confidentielle. Les arthroscopies du coude représentent moins de 1% des arthroscopies.
Quelles pathologies sont concernées par l’endoscopie ?
Dans les suites d’une enquete Française au sein de la SFA sur 499 cas en 2005
- CE & chondromatose 209
- Arthrolyse (post trauma, arthrose, capsulite) 88
- Pathologie synoviale 67
- Épicondylite 54
- Traumatologie 28
- Ostéochondrite disséquante 25
- Bursite 6
- Instabilité 1
- Diagnostique 0
Il ressort que les corps étrangers restent l’indication dominante suivies par les arthrolyses. L’arthroscopie diagnostique n’ayant pas été pratiquée dans cette série
LES CORPS ÉTRANGERS
L’ablation des corps étrangers a été un réel progrès en permettant une reprise rapide des activités tant professionnelles que sportives.
Qu’ils soient antérieurs ou postérieurs, le siège et le nombre des corps étrangers doit être précisé par une imagerie préopératoire. Actuellement l’arthroscanner est l’examen de choix, supplantant l’IRM. L’arthroIRM est pleine de promesses bien que moins souvent réalisée.
Les corps étrangers peuvent être soit d’origine traumatique ou micro traumatique, soit plus rarement en rapport avec une chondromatose synoviale pure. Leur fréquence au cours de l’arthrose du coude reste importante. Le tableau clinique en plus des douleurs, des épanchements, comporte des blocages résolutifs par auto manipulation.
Leur nombre peut être variable, pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines.
Le pronostic de ces ablations de corps étrangers dépend plus de l’état des surfaces cartilagineuses et de la possibilité de récupération des amplitudes que de la taille des corps étrangers.
LES RAIDEURS DU COUDE
L’arthroscopie s’impose comme le traitement de choix des raideurs du coude quelqu’en soient les origines. Le geste comporte un nettoyage articulaire avec synovectomies partielles afin d’améliorer la vision. Puis viennent la suppression des butées et la capsulotomie antérieure.
L’arthroscopie permet de retrouver un gain d’amplitude notoire en flexion et en extension, lorsque les causes intra-articulaires à la raideur prédominent sur les causes extrinsèques. Le geste arthroscopique devant être suivi par une rééducation précoce et poursuivie sur arthro moteur.
Dans nombre de cas l’association d’un geste chirurgical et arthroscopie permet une reprise plus facile de la rééducation qui reste indispensable dans ce geste.
Cette intervention nécessite une bonne pratique et comporte de nombreux risques vasculo nerveux.
L’OSTÉOCHONDRITE DISSÉQUANTE
Elle siège le plus souvent sur le condyle huméral, plus rarement sur la tête radiale. Elle se rencontre chez des adolescents le plus souvent chez des gymnastes ou dans les sports de lancer. Elle va être évoquée par la survenue de douleurs sans limitation importante des amplitudes. L’imagerie classique va souvent en faire le diagnostic. Le scanner, lRM et l’arthroscanner voire l’arthro-IRM vont permettre de préciser l’état des lésions et d’aider au traitement. La classification des lésions est arthroscopique et l’imagerie actuelle va permettre de retrouver les mêmes éléments.
On distinguera 5 stades :
- stade 1, simple ramollissement du cartilage
- stade 2, fissuration superficielle du cartilage
- stade 3 exposition de l’os, le cartilage restant attaché
- stade 4, le clapet osseux est mobile mais en place.
- Stade 5 le fragment est libre dans la cavité articulaire.
- Les stades 1 et 2 ne nécessitent qu’un traitement médical. Les trois autres nécessitent une arthroscopie.
- Le pronostic dépend de l’état de la niche d’ostéochondrite et de ses facultés de cicatrisation. L’arthroscopie ne semble pas avoir à long terme de meilleurs résultats que la chirurgie ouverte, toutefois elle permet une hospitalisation plus courte et des suites immédiates bien plus confortables pour le patient.
- Par voie postéro externe on a un abord direct sur la niche qui va être avivée et fraisée afin de permettre à un tissu cicatriciel de remplir la niche. Le corps étranger sera extrait.
LES PATHOLOGIES SYNOVIALES
Leur place dans la stratégie thérapeutique des rhumatismes inflammatoires est actuellement plus précise. Elles ne doivent pas être proposées trop tard et doivent être associées aux synoviorthèses chimiques ou isotopiques. Leur place, dans les indications thérapeutiques, dépend un peu des équipes rhumatologiques. Les nouveaux traitements de fond des rhumatismes inflammatoires rendent les gestes arthroscopiques de moins en moins nécessaires.
Les Arthrites Septiques
L’utilisation d’une synovectomie arthroscopique avec lavage articulaire permet des prélèvements de qualité tant au niveau liquidien que synovial, nécessaires à la mise en route d’un traitement antibiotique adapté. Elle va éviter les cloisonnements source de chronicité et de raideurs .
Pour certaines chondrocalcinoses, pseudo septiques, la synovectomie reste un traitement de choix en raison de l’importance des dépôts de fibrine.
La synovite villonodulaire siège de manière exceptionnelle au coude et son traitement comporte une synovectomie arthroscopique aussi complète que possible avant une synoviorthèse isotopique. Sa réalisation est délicate car la synoviale s’étend souvent dans les tissus avoisinants, enrobant les structures vasculo-nerveuses, ce qui rend le geste périlleux. On est dans ces cas souvent conduits à associer un abord mixte arthroscopique et chirurgical
La résection synoviale présente un intérêt majeur dans les arthropathies hémophiliques. Toutefois leur réalisation nécessite un environnement spécialisé .
Les Coincements de franges
Décrits initialement en 1988 par Clarke, les coincements postéro externes, se manifestent par des douleurs lors des sports de lancer, ou lors d’épicondylalgies post contusion directe.
Le diagnostic sera affirmé par la clinique associée à une imagerie qui montre la présence d’une frange de gros volume. L’ intra-articulaire de Xylocaïne fait disparaître les douleurs confirmant l’étiologie intra-articulaire. En cas d’échec d’une intra articulaire stricte d’Hexacétonide de Triamcinolone, on proposera la résection de la frange synoviale .
LES FRACTURES
Le traitement des fractures du bec coronoïdien peut nécessiter l’ablation du fragment antérieur à l’origine de douleurs voire de blocages. Son repositionnement sous scopie reste délicat. La réduction de la fracture du capitulum peut être assistée sous scopie
Dans les fractures de la tête radiale, l’arthroscopie permet de retirer les corps étrangers libres et d’évaluer l’état des surfaces articulaires avant une réduction à foyer ouvert ou à foyer fermé. Cette réduction effectuée avec un brochage des fragments, permet de contrôler la bonne réduction du foyer de fracture.
LES EPICONDYLITES
En cas d’échec du traitement médical, le traitement endoscopique de l’épicondylite est proposé par certaines équipes. La section des tendons extenseurs se fait sous contrôle endoscopique dans le tissu sous-cutané.
Les suites en sont simples et l’avantage est qu’avec des voies d’abord limitées les risques de lésions des rameaux cutanés nerveux sont en théorie plus faibles qu’avec une technique classique.
D’autres utilisent une procédure plus classique avec un examen intra-articulaire et dissection par l’intérieur des épicondyliens et section sous contrôle arthroscopique.
Ces techniques séduisantes doivent être évaluées pour en connaître l’avantage sur les techniques classiques.
LES HYGROMAS
Le traitement endoscopique a été proposé dans les hygromas post-traumatiques avec plus de succès que dans les bursites inflammatoires ou goutteuses.
La technique en est simple, sous anesthésie loco régionale, par trois voies d’abord, le tissu pathologique va être réséqué en respectant le tissu adipeux sous-cutané. Dans les suites, l’injection de Xylocaïne adrénalinée permet de limiter le saignement et les douleurs post opératoires. Un pansement faiblement compressif est conseillé pendant les deux premières semaines.
Si le temps opératoire est semble t il plus long que dans la technique classique, les suites sont plus courtes et plus simples dans les séries rapportées.
OSTEOME OSTEOIDE
La résection sous arthroscopie d’un ostéome ostéoïde a été rapportée. Il s’agit là d’une pathologie exceptionnelle donc d’un geste lui aussi rarissime.
CONCLUSIONS
Le champ d’investigation des arthroscopies du coude bien que limité, s’élargit et se précise d’autant que l’instrumentation s’adapte aux impératifs de cette articulation qui reste délicate à aborder.
BIBLIOGRAPHIE
1 - – Bonvarlet JP, Rousseau D L’arthroscopie du coude : intérêt diagnostique et thérapeutique. À propos de 28 cas. Sem Hop paris 1989 ; 65 : 168-172
2 - Thomas MA, Fast A, Shapiro D. Radial nerve damage as a complication of elbow arthroscopy. Clin Orthop 1987;215:130-131.
3 - Poehling GG, Whipple TL, Sisco L, Goldman B. Elbow arthroscopy: a new technique. Arthroscopy 1989;5:222-224.
4 - Baker CL, Shalvoy RM. The prone position for elbow arthroscopy. Clin Sports Med 1991;10:623-628.
5 - Andrews JR, Carson WG. Arthroscopy of the elbow. Arthroscopy 1985;1:97-107.
6 - Verhaar J, VanMameren H, Brandsma A. Risks of neurovascular injury in elbow arthroscopy: starting anteromedially or anterolaterally? Arthroscopy 1991;7:287-290.
7 – Clarke R. Symptomatic, latéral synovial fringe (plica) of the elbow joint. Arthroscopy 1988 ; 4 : 112-116
8 - Lynch GJ, Meyers NF, Whipple TL, et al. Neurovascular anatomy and elbow arthroscopy: inherent risks. Arthroscopy 1986; 2:191-197.
9 – Krijnen MR, Lim L, WillemsWJ. Arthroscopic treatment of osteochondritis dissecans of the capitellum : Report of 5 females athletes. Arthroscopy. 2003 Feb ;19(2) :210-4.
10 – Kaminsky SB, Baker CL.Lateral Epicondylitis of the elbow. Sports Med and Arthroscopy Review 2003 Vol 11, n°1,63-70
Créé par : Docteur Jean Paul Bonvarlet
Carte de visite

L INFORMATION AU PATIENT EN RHUMATOLOGIE
LAVAGE ARTICULAIRE DU GENOU
Définition :
C'est une irrigation du genou avec du sérum physiologique, généralement suivie d'une injection intra-articulaire d'un anti-inflammatoire cortisonique. Ce geste est justifié dans les arthroses avec présence de liquide articulaire, dans certaines arthrites micro-cristallines, les arthrites « type rhumatisme inflammatoire ». Dans les arthrites infectieuses, en dehors des phases très précoces, il peut être discuté. Rapidement il devient très mal toléré par le patient, l’anesthésie locale étant le plus souvent inefficace. Dans ce cas, un lavage arthroscopique s ‘impose.
Le but est d’ éliminer les microparticules intra-articulaires (dépôts de fibrine, débris cartilagineux et micro calcifications) et les cytokines qui entretiennent l'inflammation
. Précautions :
. Un contrôle d’hémostase est demandé dans le bilan biologique pré lavage au cours de la consultation avec l’anesthésiste
Il est important pour le malade de signaler au médecin toute fièvre, infection et toute prise d'aspirine et d'anticoagulant dans les jours précédant l'examen.
. Déroulement :
Le lavage a lieu en salle stérile, avec des conditions d’asepsie de la chirurgie orthopédique (champs, habillage de l’opérateur, etc.)
Le patient est allongé sur le dos, la zone opératoire est rasée ou épilée, préparée par un lavage aseptique (Povidone iodée Scrub ou équivalent) avant la désinfection cutanée par un dérivé iodé. Un champ perforé est disposé permettant d’isoler la zone opératoire.
Il est pratiqué une anesthésie locale plan par plan des voies d’abord. Cette anesthésie sera complétée par une injection intra-articulaire de Xylocaïne à 1% sans Adrénaline. Quelques minutes après est introduite une aiguille de 2,7 mm reliée à la poche de sérum physiologique. Ceci permet de " gonfler " le genou. Une seconde aiguille est ensuite introduite, pour permettre l'écoulement du liquide articulaire vers l'extérieur. Durant le lavage, l’opérateur peut imprimer au genou des mouvements de flexion limités ainsi que des massages du genou pour favoriser le passage du liquide dans tous les espaces articulaires. En fin de lavage, on réalise généralement une injection de corticoïde dans l'articulation.. La fermeture de la peau est faite par sutures adhésives (Steri Strip) ou fil de suture éventuellement. Un pansement recouvrira les voies d’abord. Il sera conservé environ une semaine.
Cet examen dure généralement 30 à 45 minutes. Seule la piqûre d'anesthésie doit être ressentie par le patient.
Suites
. Le patient doit rester immobile après l'examen, il restera quelques heures allongé, avant de remarcher avec éventuellement le port d'une attelle d’immobilisation à conserver en fonction de la pathologie ayant indiqué le lavage. Parfois dans les chondrolyses une marche en appui aidé est conseillée pendant quelques semaines
Le patient reverra son opérateur ou son Rhumatologue une semaine après le lavage, pour vérification du genou
Une rare réaction douloureuse peut apparaître dans les suites immédiates.
Dr Bonvarlet




